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A Orcival, le pèlerinage de l'Ascension entre foi, marche et fraternité

A Orcival, le pèlerinage de l'Ascension entre foi, marche et fraternité

Un article rédigé par Stéphane Marcelot - RCF Puy de Dôme, le 14 mai 2026 - Modifié le 14 mai 2026

Le pèlerinage de l'Ascension 2026 à Orcival a débuté mercredi 13 mai et se poursuit tout au long de la journée de jeudi. Un temps fort de la vie diocésaine exprimé par plusieurs acteurs à notre micro.

Enregistrement de la table ronde à l'auberge Le Cantou, place Notre-Dame à OrcivalEnregistrement de la table ronde à l'auberge Le Cantou, place Notre-Dame à Orcival

RCF a posé ses micros à l’auberge du Cantou, mercredi 13 mai, à proximité de la basilique Notre-Dame, pour une table ronde consacrée au pèlerinage de l’Ascension à Orcival. Un village où chaque année, croyants, marcheurs, habitants, touristes et bénévoles se retrouvent autour d’une tradition séculaire profondément ancrée dans le territoire auvergnat. Tradition ancrée aussi pour la communauté des gens du voyage. « C’est l’accueil des montagnards, ici, qui correspond aux habitudes et à la simplicité des gens du voyage. Ils se sentent bien dans ce lieu » note Jacques Bonnant-Michel, coordinateur de la pastorale des gens du voyage dans le diocèse de Clermont :

Jacques Bonnant-Michel et la dévotion à Marie chez les gens du voyage

Invité exceptionnel de cette édition 2026, Père Bogdan Velyanyk, recteur de Basilique Saint-Sernin et prédicateur du pèlerinage, a découvert Orcival avec émotion : « La basilique Saint-Sernin a trouvé sa petite sœur ».
Le prêtre d’origine ukrainienne, arrivé en France après des études en Pologne, a partagé un témoignage marqué par la foi vécue sous l’URSS puis par la guerre actuelle en Ukraine. « Voir mes grands-parents à genoux le soir prier, c’était le meilleur catéchisme que je pouvais avoir », a-t-il confié. Évoquant l'invasion russe actuelle, il souligne aujourd’hui sa mission : « Porter la voix d’un peuple qui souffre et vocaliser cet appel à l’aide et à la prière ».

Un lieu de pèlerinage vivant depuis des siècles

Pour Bernadette Ollier, engagée depuis de nombreuses années dans les visites accompagnées de la basilique, Orcival reste avant tout « un lieu de grâce ». Elle rappelle que l’édifice fut construit dès l’origine comme une église de pèlerinage destinée aux populations rurales qui ne pouvaient rejoindre Rome ou Compostelle. Aujourd’hui encore, la fréquentation ne cesse d’augmenter : « On sent qu’il y a une demande, une aspiration à quelque chose », explique-t-elle.

Marcher pour devenir pèlerin

Le pèlerinage commence bien avant l’arrivée à Orcival. Comme chaque année, Père Paul Destable a accompagné à l'aube une marche de 18 kilomètres entre l'église de Laschamps et Orcival. Pauses spirituelles, temps de silence et intentions de prière rythment ce chemin vécu collectivement. « On ne devient pas pèlerin en étant solitaire », rappelle le P.Destable. Le prêtre insiste également sur l’importance du corps dans la démarche spirituelle, évoquant le souvenir marquant d’une procession réalisée pieds nus en portant la statue de la Vierge. Même durant les années Covid, quelques fidèles avaient tenu à maintenir cette marche malgré les restrictions. Une expérience qui a renforcé le sentiment de fraternité : « On n’est pas une foule. On est le peuple de Dieu ».

Le P.Paul Destable et la marche Lachamp-Orcival

Installé à Orcival depuis quatre ans, le Père Jean-Luc Varnas, curé de la paroisse, voit dans ce pèlerinage un lieu où « la Vierge attire pour présenter son Fils ». Le pèlerinage mêle toutes les générations et tous les horizons : habitants du rural, Clermontois, communauté portugaise, scouts, jeunes, familles ou gens du voyage. « Quand des personnes de 90 ans chantent avec des jeunes de 20 ans, c’est quelque chose de gagné », constate-t-il.

« Une journée très particulière en termes d’affluence »

Au-delà de la dimension religieuse, le pèlerinage représente aussi un moment clé pour l’économie locale. Installé depuis 2006 au Cantou, le chef François Genin observe une fréquentation toujours importante : « C’est une journée très particulière en termes d’affluence ». Le développement de la randonnée depuis le Covid profite également au territoire, situé entre la chaîne des Puys et le massif du Sancy, traversé par plusieurs GR. Pour Patrice Villemejane, chargé de communication à l'office de tourisme Auvergne Volcan Sancy, la basilique reste « le phare » du village, capable d’attirer ensuite les visiteurs vers l’ensemble du territoire : patrimoine, lacs, artisanat, fromages AOP ou événements culturels comme les Musicales d’Orcival.  « On n’est pas seulement un territoire touristique, mais un territoire de vie », souligne-t-il.

 

Le chef François Genin et l'impact du pèlerinage
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