À Metz, les religions unies pour "servir la vie"
C'est une nouvelle étape dans l'histoire du dialogue interreligieux. Les représentants des six principaux cultes en France ont participé ce lundi à Metz à une rencontre interreligieuse, pour la quatrième journée de Léon XIV en France. Ils ont signé "l'Appel de Metz" où l'on retrouve les grandes orientations du dialogue interreligieux. Un texte qu'il faudra lire en complémentarité avec le discours de Léon XIV et la devise de son voyage, "pour que le monde ait la vie".
La rencontre interreligieuse de Metz se tient près de 40 ans après celle, historique, qui s’est tenue à Assise en 1986. ©Vatican MediaC’est ensemble, d'un même pas, que Léon XIV et les responsables des six principaux cultes en France sont entrés dans le centre Robert-Schuman de Metz. Et ensemble ils ont signé "l’Appel de Metz", lors d’une courte cérémonie. Ce texte, qui a été lu publiquement, marque la dimension historique de cette rencontre interreligieuse qui bien que tenue en France, a une portée internationale.
La paix dans le monde est en effet au cœur de cette quatrième et dernière journée du voyage de Léon XIV en France, pour qui le monde compte sur l’Europe et les religions pour assurer un esprit de paix dans le monde. Cette rencontre interreligieuse de Metz, nouvelle étape de son voyage, se tient près de 40 ans après celle, historique, qui s’est tenue à Assise en 1986.
Parmi les représentants des cultes réunis à Metz, se trouvaient Haïm Korsia, Christian Krieger et Antony Boussemart. Ils sont tous les trois les signataires d’une tribune publiée dans La Croix, à la veille de l’arrivée de Léon XIV en France. Une tribune pour saluer la venue du souverain pontife, dont ils affirment qu’elle les "concerne", "parce que la voix de l’évêque de Rome porte bien au-delà des frontières confessionnelles. Peu d’autorités religieuses disposent aujourd’hui d’une telle audience internationale et peuvent encore faire entendre une parole d’espérance au milieu du tumulte du monde." Dans son discours, Léon XIV a affirmé combien il avait conscience de sa "responsabilité spirituelle" et de celle des religions pour "servir la vie".
Témoigner de cette "espérance qui ne cesse de grandir dans le monde"
Léon XIV a adopté une tonalité sobre, fidèle à la simplicité de son style, tout en envoyant des messages forts. Il a conclu par ce dont il fait lui-même le constat, "une espérance ne cesse de grandir dans notre monde". Le dialogue interreligieux comme mouvement est en effet né au tournant des XIXe et XXe siècles et s’est affirmé entre les deux guerres mondiales. Dans un contexte de tensions extrêmes, donc, il est possible d'espérer. Le propos du pape est de rappeler combien la paix exige que les religions s’en fassent les témoins.
En écho à ces fortes attentes, le pape a exprimé "un vif sentiment de responsabilité spirituelle" pour ouvrir sa première prise de parole au centre Robert-Schuman. Il est ensuite largement revenu sur la responsabilité commune des religions. "Notre responsabilité commune de femmes et d’hommes religieux est de témoigner que, au-delà des frontières, il est toujours possible de se rencontrer, d’établir l’amitié et de bâtir la paix."
Les religions unies pour "servir la vie"
L’appel de Metz est "un appel au dialogue, à la fraternité, à la réconciliation, à la paix". On retrouve les grands principes aux fondements du dialogue interreligieux. Les signataires ont eu des mots forts pour s'opposer "aux pouvoirs oppressifs et corrompus" et "au poison du totalitarisme". Ils se sont engagés à "trois engagements concrets" : poursuivre "un dialogue exigeant entre [eux]", former les jeunes et œuvrer ensemble "à la promotion de la justice et de la paix".
Dans le discours que Léon XIV a prononcé après la lecture de "l'Appel de Metz", il a affirmé que "les religions sont gardiennes de la vie : elles en affirment la valeur sacrée", en écho à la devise de son voyage, "pour que le monde ait la vie". Devise que les responsables religieux avaient salué dans leur tribune : "La question qu’elle adresse à la société est universelle", ont-ils écrit dans La Croix.
À ce titre, le pape et les responsables religieux de France se rejoignent sur une compréhension commune de la laïcité en France. Si, dans son premier discours à Metz, Léon XIV n’a pas parlé explicitement de "laïcité", il l’a fait notamment à Lourdes, dans son discours aux évêques, en affirmant que "la parole de l’Église a toute sa place dans le débat public en France". À Metz, il a parlé au nom de ceux qui sont "ouverts à la transcendance" pour dire : "Notre mission est d’offrir des repères solides, en particulier aux jeunes, pour construire une communion qui respecte et valorise la dignité de toute personne humaine."
Le dialogue dans la tradition catholique
Près de 40 ans après la journée historique à Assise du 27 octobre 1986, Journée mondiale de prière pour la paix initiée par Jean-Paul II, c’est sur les traces du pape polonais que marche Léon XIV, premier pape après lui à se rendre à Metz. Dans son discours, à l’appui de la pensée de Jean-Paul II, le souverain pontife a rappelé l’importance du dialogue dans la pensée de l’Église catholique.
Une théologie du dialogue que le concile Vatican II (sur lequel Léon XIV a tenu une série d'audiences tout au long de l'année 2026) et la pensée de Paul VI ont permis de déployer. Le pontificat du pape François a représenté un tournant considérable, dont on mesure petit à petit aujourd'hui la portée. Dans ce sillage, Léon XIV a rappelé ce que lui-même affirme dans son encyclique Magnifique Humanité : "L’Église considère comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité, la bonté, la beauté."




