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À Lourdes, les évêques à l'heure des décisions après la publication du rapport de la Ciase
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À Lourdes, les évêques à l'heure des décisions après la publication du rapport de la Ciase

RCF, le 8 novembre 2021  -  Modifié le 8 novembre 2021
Le dossier de la rédaction Dossier assemblée évêques Lourdes

Après presque une semaine de travail, l’assemblée plénière des évêques de France vote, ce lundi 8 novembre, les décisions à prendre, un mois après le rapport de la commission Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église. Parmi les enjeux : la réparation financière des victimes, la prévention, la formation des prêtres ou encore la place des laïcs.

La Basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes, France. ©Unsplash La Basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes, France. ©Unsplash

C’est d’ores et déjà une assemblée plénière "particulière, historique", d’après Mgr Luc Crepy. Dimanche 7 novembre, l’évêque de Versailles a refait le film d’une semaine décisive, à Lourdes, en revenant notamment sur cet événement : la reconnaissance par l’épiscopat, vendredi dernier, de la "responsabilité institutionnelle de l’Église" dans les violences subies par les victimes d’abus sexuels, et la "dimension systémique de ces violences". Le tournant s’est opéré dès le début de l’assemblée plénière, d’après Mgr Crepy : "Des évêques étaient presque en pleurs, selon lui. Ils ont dit leur honte et leur colère au cours d’un échange en profondeur et fraternel, pas de façon superficielle. Ceux qui ont pris la parole ont posé leurs tripes. D’ailleurs, en sortant de cette rencontre, nous nous sommes dit que cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas parlé comme ça."

 

"Les évêques ne peuvent plus envisager les assemblées comme avant"

 

Dans leur travail sur le rapport, rendu début octobre, de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase), les évêques ont été accompagnés par 130 personnes invitées à Lourdes : des religieuses et religieux, des prêtres, diacres, mais aussi des laïcs engagés dans des mouvements catholiques. Pendant presque deux jours, ils ont partagé leur expérience et leur ressenti vis-à-vis de ce rapport. "Le cycle engagé avec l’encyclique Laudato Si avait déjà encouragé les évêques à inviter des laïcs", souligne Guillaume Nicolas, l’un des 130 invités.

 

"Cette assemblée, pour autant, me semble inédite, confie le délégué général de la Délégation catholique pour la coopération, une ONG qui fait partie d’un collectif d’organisations catholiques appelé Promesses d’église. Les évêques ne peuvent sans doute plus envisager les assemblées comme avant. Donc, quelques soient les décisions qui seront prises, nous sommes surtout attentifs à ce qu’elles intègrent davantage de synodalité, c’est-à-dire que les évêques ne prennent pas des décisions qu’ils vont porter seuls." Une Église dans laquelle les laïcs auraient une place plus grande dans les sphères décisionnelles, c’est justement l’une des pistes évoquées dans les 45 recommandations de la Ciase.

 

"Former les prêtres à ce que c'est que la vie d'un enfant"

 

Mais parmi les 130 personnes invitées, certains retiennent aussi d’autres idées, notamment concernant la formation des prêtres. "Les former à ce que c’est que la vie d’un enfant, son ressenti, précise Alix, une jeune fidèle venue de Paris, également invitée. Des formations à la vie sexuelle et affective, aussi. Et puis, les accompagner. Les prêtres sont des hommes comme les autres, ils ont aussi besoin d’avoir une vie sociale et amicale. Il ne faut plus voir les voir comme des personnes extraordinaires, mais comme nos frères."

 

"Solidarité" entre les diocèses pour les réparations financières

 

Reste également la question des réparations financières, pour les victimes. Avec la potentielle création d’une instance indépendante chargée de recueillir les plaintes des victimes, et de les indemniser. Reste à savoir comment, et avec quel argent. Mgr Luc Crepy assure qu’il y aura un principe de "solidarité" entre les diocèses, et que plusieurs options sont sur la table, y compris la vente de biens de l’Eglise. L’épiscopat doit en tout cas présenter un échéancier des mesures à mettre en œuvre. Certaines seront plus longues à adopter, notamment ce qui concerne la doctrine ou le droit canonique, où l’intervention du Vatican est nécessaire.

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