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À la montagne, les professionnels font le bilan touristique de cet hiver
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À la montagne, les professionnels font le bilan touristique de cet hiver

Un article rédigé par Victorien Duchet - RCF,  -  Modifié le 9 mars 2021
Le dossier de la rédaction À la montagne, les professionnels font le bilan touristique de cet hiver
Avec la fermeture des remontées mécaniques, la fréquentation des stations de ski en France a été divisée par deux, sur l'ensemble des vacances d'hiver.
DR DR

Il est l'heure de tirer le bilan de ces vacances d'hiver, alors que les derniers touristes reprennent le chemin du travail. Direction les Alpes du Nord, destination neige par excellence en février. Sur les deux Savoie, 35 % des nuitées annuelles sont réalisées habituellement en février. Bilan cette année, sur les 112 stations Savoie Mont-Blanc, le taux d'occupation des hébergements marchands ne dépasse pas les 30 %. Habituellement, il culmine à plus de 80 %. Des pertes économiques colossales pour l'organisme de promotion touristique Savoie Mont-Blanc. "On n’a pas sauvé les meubles. Les pertes économiques seront énormes. Sur les dernières vacances, on est pas loin d’un milliard d’euros de perte. En revanche, on a quand même eu un peu de fréquentation dans nos stations", affirme sa responsable, Carole Duverney. 

De nouvelles activités

Si la fréquentation est en net recul, les familles ont pu profiter au maximum de leurs séjours. Moins de monde sur les pistes, boom du ski de fond, du ski de rando, ventes record de raquettes. "On a fait du ski de rando, de la balade en raquette et du VTT sur neige. Cela nous permet de voir les vacances d’hiver différemment", témoigne cette famille, venue à la Clusaz depuis Perpignan. 

La Clusaz fait partie de ces stations-villages par excellence, situées en moyenne-montagne, dans les Aravis, qui ont limité la casse, en proposant de la multi-activité. Labyrinthe de neige, constructions d'igloos, ski-joëring. Une fréquentation plutôt correcte, qui ne doit pas masquer les problèmes financiers de la commune liés à la fermeture des remontées mécaniques. "Les stations villages où il y a beaucoup d’activités à proposer ont plutôt bien marché mais malgré tout c’est largement insuffisant", explique le maire de la Clusaz Didier Thévenet. 

En Haute-Savoie, 10 millions d'euros ont été débloqués par le Conseil départemental, pour venir en aide aux collectivités locales, et aux skis-clubs, touchés de plein fouet par l'arrêt des remontées mécaniques. 

Limiter la casse

La diversification des activités proposées a permis de limiter la casse. À Saint-Gervais, au pied du Mont-Blanc, c'est le ski de randonnée qui a connu un essor fulgurant. Depuis plusieurs années, le maire de la commune Jean-Marc Peillex milite pour une transition vers un ski différent que le ski alpin. L'élu local a le sentiment d'avoir pris sa revanche. "On a eu un remplissage qui doit être de 60 à 70 % parce que nos stations de Haute-Savoie sont construites autour de villages et d’habitants. On a d’autres choses à proposer aux invités", affirme-t-il.

Quel avenir pour la montagne ?

Le boom du ski de rando n'est-il qu'illusion ? Certes, la discipline fait des émules, auprès des Français cet hiver, faute de remontées mécaniques ouvertes. Mais pour combien de temps ? "Tous les gens nous on dit que quand les remontées mécaniques rouvriraient, ils repartiraient avec des ski de piste", confie Sylvain Pinsard, gérant d'une boutique de location de ski, route du Bettex à Saint-Gervais, qui ne compte pas augmenter son parc de location de ski de randonnée l'année prochaine. 

"L’enjeu ce sera de voir comment les clients auront changé de comportement une fois qu’on sera sortis de cette crise. Il va falloir tester ça et essayer d’adapter notre offre touristique", assure Carole Duverney, responsable promotion à Savoie Mont-Blanc Tourisme. L'organisme de promotion Savoie Mont-Blanc lance Demain Savoie Mont-Blanc, un programme réalisé par les acteurs du territoire, d'avril à septembre, pour faire des propositions pour un nouveau modèle touristique.

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