À Clermont-Ferrand, Mgr Kalist voit « un frémissement vocationnel » et appelle à mieux accueillir les prêtres venus de l’étranger
Alors que le diocèse de Clermont accueille ce dimanche 6 septembre un nouveau prêtre, l’archevêque de Clermont balaye plusieurs sujets d’actualité en cette rentrée, marquée dans 3 semaines par la visite en France du pape Léon XIV.
Mgr François Kalist célèbrera en novembre ses 10 ans d'épiscopat à la tête du diocèse de Clermont © RCFAprès avoir été envoyé il y a deux ans au séminaire d’Orléans pour poursuivre son discernement, Richard Mehiwa, jeune diacre originaire du Togo, sera ordonné prêtre ce dimanche 6 septembre à partir de 15h, à la cathédrale Notre-Dame de Clermont. Une cérémonie à suivre en direct sur l'antenne de RCF dans le Puy-de-Dôme.
Des prêtres venus d’ailleurs, « une nécessité »
Avec 86 prêtres dans le diocèse avant cette ordination, Clermont doit aussi compter sur des prêtres venus d’autres pays. Pour Mgr Kalist, cette présence répond désormais à « une nécessité », mais elle ne doit pas être pensée comme une simple stratégie destinée à compenser la baisse des vocations. « Le but pour moi n'est pas du tout d'accumuler les prêtres », insiste-t-il. « Ce qui compte, c'est le ministère, c'est l'exercice du ministère, c'est le sens, la signification du ministère ».
Le diocèse accueille notamment des prêtres originaires de Madagascar, du Sénégal ou encore de l’Inde. Mais l’archevêque souhaite que ces arrivées s’inscrivent dans de véritables relations entre Églises. Avec le diocèse d’Antsiranana, à Madagascar, ou celui de Kaolack, au Sénégal, « nous avons amorcé une démarche de jumelage ». L’objectif : « qu’il y ait un échange et non pas seulement un sens unique ».
« Quelque chose à inventer » pour mieux les accompagner
Si les prêtres étrangers disposent souvent d’une bonne maîtrise du français et parfois d’une première expérience de l’Église française, l’intégration peut rester délicate. « Il faut que nous soyons extrêmement vigilants à ne pas mettre directement dans un travail pastoral une personne qui vient non seulement d'un pays étranger mais d'une culture différente », estime l’archevêque. Les différences sont parfois importantes. Dans les pays d’origine de nombreux prêtres accueillis à Clermont, « le clergé est beaucoup plus jeune » et les prêtres vivent fréquemment « ensemble dans des équipes ». En France, « les prêtres vivent souvent de façon un peu individualiste ».
Mgr Kalist reconnaît d’ailleurs une faiblesse dans le dispositif actuel : « Nous n'avons pas de structure aujourd'hui qui permettrait de façon continue d’initier le prêtre nouveau aux réalités qu'il va trouver en arrivant en France ». L’accompagnement existe, à travers des rencontres, des échanges entre prêtres d’un même pays et des rendez-vous avec l’archevêque. Mais « notre dispositif aujourd'hui est quand même un peu éparpillé ». Il faudrait donc, selon lui, « inventer » ou perfectionner les dispositifs d’accueil. Une initiation qui pourrait même commencer avant le départ : « plusieurs mois, voire une année entière » dans le pays d’origine.
« Un frémissement vocationnel »
Sur le terrain des vocations, l’archevêque se montre prudemment optimiste. Le diocèse compte cette année plusieurs jeunes engagés dans un parcours de discernement : deux entrées en propédeutique (l’année qui précède l’entrée en séminaire) à Paray-le-Monial, deux autres à Notre-Dame-du-Chemin à Orléans, ainsi que deux séminaristes en formation à Lyon. « Il y a sans doute un frémissement vocationnel », observe Mgr Kalist. Il le met notamment en relation avec « une recrudescence manifeste des demandes de sacrement », notamment les baptêmes et les confirmations d’adultes. Pas question toutefois de parler déjà de retournement spectaculaire : « On n'est pas dans de grands bouillonnements ».
Le Congrès Mission revient en octobre
Autre signe de cette dynamique : le Congrès Mission, qui revient cette année au mois d’octobre dans une formule davantage locale. Mgr Kalist veut mettre en avant une Église qui ne se limite pas à ses structures habituelles.
« Le Congrès Mission, c'est un monde un peu différent », décrit-il. « C'est un monde qui est plus dans la mission à la pointe, à la lisière, aux périphéries ». Une mission qui se fait dans la rue, au contact des personnes…et une démarche qui peut parfois bousculer l’institution : « On est plus habitué à gérer les pratiquants qu'à organiser des activités missionnaires de plein vent ». Mais pour l’archevêque, « il faut aussi permettre à ceux qui le souhaitent d'agir autrement », de façon « plus spontanée, moins organisée ».
Léon XIV en France : « un message de réalisme et d’espérance »
À 3 semaines de la visite de Léon XIV en France, Mgr Kalist évoque enfin « de l'intérêt, de l'enthousiasme » et surtout « de la joie ». Au départ du diocèse de Clermont, plusieurs dizaines de personnes devraient notamment participer à la veillée à Notre-Dame de Paris, tandis que d’autres se rendront à Lourdes.
L’archevêque, lui, fera le choix de Lourdes et regrette de ne pouvoir se rendre à Metz. Car cette étape lui paraît particulièrement symbolique. Le pape y rendra hommage à Robert Schuman, figure de la construction européenne. « Je pense que l'Europe a un message à donner au monde », estime Mgr Kalist, alors que « des puissances guerrières s'agitent » et que le monde connaît « des périodes d’instabilité ».
Pour lui, le message est clair : « Rappeler le projet de l'Europe, rappeler que l'Europe repose sur la réconciliation, sur la paix. En visitant ce cœur de l'Europe, Léon XIV délivrera un message de réalisme et d'espérance ».


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