À Clermont-Ferrand, une mobilisation devant deux écoles pour demander un toit pour des enfants et leur famille
Deux enfants de l'école Aristide-Briand vivent à la rue. Ils sont une trentaine à Clermont-Ferrand. Une situation insoutenable pour les parents d'élèves. Soutenus par le collectif Clermont Toit Solidaires et le Réseau Éducation Sans Frontières, ils organisent ce mardi soir une "soirée camping" devant les grilles de des établissements Aristide-Briand et Jean-Philippe-Rameau pour exiger le relogement des enfants. Pour en parler, Simon Lamure, de RESF Puy-de-Dôme, est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Simon Lamure, militant au sein de Réseau éducation sans frontière dans le Puy-de-Dôme, se mobilise pour trouver un toit à la trentaine d'enfants à la rue à Clermont-Ferrand, dont ceux de l'école Aristide-Briand. ©Simon Lamure"Ramenez vos tentes, vos duvets…". Une soirée camping est organisée ce mardi soir devant les grilles des écoles Aristide-Briand et Jean-Philippe-Rameau à Clermont-Ferrand. Derrière cette mobilisation, des parents d'élèves veulent dénoncer une réalité : certains enfants de l'école vivent à la rue. Selon les associations, une trentaine d'enfants sont dans ce cas dans la capitale auvergnate. Soutenus par le collectif ClermonToit solidaires et du Réseau éducation sans frontières du Puy-de-Dôme, ce rassemblement vise à "rendre visible des situations qui existent déjà à Clermont-Ferrand", explique Simon Lamure, de RESF 63. Il est l'invité des radios RCF en Auvergne.
En moyenne une trentaine d'enfants à la rue à Clermont-Ferrand
Selon lui, cette situation concerne deux à trois élèves de l'école Aristide-Briand et pourrait monter à cinq élèves à la rentrée. À l'échelle de la ville, c'est "en moyenne une trentaine" d'enfants à la rue. Le collectif mobilisé demande "que les pouvoirs publics prennent la situation à bras le corps, se mettent d'accord et que les choses soient faites".
Selon le militant associatif plusieurs acteurs peuvent agir : "l'hébergement d'urgence dépend de l'État, donc de la préfecture", par ailleurs "la mise en sécurité des enfants de moins de 3 ans revient au département". Mais, "la mairie a aussi son rôle à jouer", précise Simon Lamure. Ces très jeunes sans-abris "sont des petits Clermontois". Or, la municipalité a "du patrimoine immobilier qu'elle peut mettre à disposition", dont des milliers de logements vides selon le bénévole de RSEF.
On demande à l'État de respecter le droit de ses enfants et de ses familles
Par exemple, il explique qu'un logement est vacant dans l'école Aristide-Briand. Les associations ont proposé de prendre en location l'appartement. Mais il n'y a "toujours pas de réponse de la mairie". "Ni de l'ancienne, ni de la nouvelle", précise Simon Lamure, tandis que la demande a été effectuée il y a plusieurs semaines.
Sur le terrain les choses bougent. La mobilisation citoyenne "impose un rapport de force nouveau face à la préfecture". Des solutions d'hébergement ont été trouvées par les services de l'État "de manière temporaire" ou par les personnes mobilisées via "un élan de solidarité. "On ne demande pas la charité à l'État", précise Simon Lamure, mais "de respecter le droit de ses enfants et de ses familles".
Des enfants "fatigués, malmenés"
Au quotidien, "c'est très très compliqué pour ces gosses". Ces "très jeunes enfants", âgés de 4,5, 6 ou 7 ans, sont "fatigués, malmenés" et dans une "précarité totale", explique Simon Lamure, avance d'ajouter : "La France est signataire de la convention internationale des Droits de l'enfant et c'est la première à ne pas respecter cette convention".
Un combat pour le logement et la régularisation
Il s'agit souvent de mères isolées, "seules avec leurs enfants". Le combat pour leur régularisation est souvent le corollaire de celui du logement. "Dès qu'on arrive à obtenir une régularisation, ce sont des familles qui se débrouillent toutes seules", trouvent un emploi, un logement et "retrouvent une dignité", explique Simon Lamure. C'est pour cela que les personnes mobilisées demandent "la régularisation de ces familles pour qu'elles puissent devenir autonomes et retrouver de la dignité"
Plusieurs cagnottes en ligne pour aider les familles
Cette mobilisation à l'école Aristide-Briand "fait tâche d'huile". Selon Simon Lamure, plusieurs cagnottes en ligne ont été lancées pour venir en aide à des familles dans le besoin. "On ne ferme pas les yeux sur ce qu'il se passe, contrairement aux pouvoirs publics", résume-t-il.
On demande à ce que l'État respecte ces engagements et surtout les droits de ses personnes
Le militant associatif rappelle l'investissement des bénévoles pour venir en aide aux plus démunis. Mineurs non accompagnés, familles, personnes seules, "ce sont des centaines de personnes qu'on met à l'abri". Il ajoute : "Souvent on entend la petite musique "Vous avez qu'à les prendre chez vous", mais on le fait déjà en fait !".
À quelques heures de la mobilisation, la revendication est "que l'État respecte ces engagements et surtout les droits de ses personnes". Les membres de ClermontToit Solidaires, RESF 63 et leurs soutiens le rappelleront ce mardi à 17h30 devant les grilles des écoles Aristide-Briand et Jean-Philippe-Rameau.


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