À Clermont-Ferrand, Claudine Khatchadourian fait vivre la culture arménienne
À la tête depuis dix ans de l’association Rencontres et Cultures Arméniennes, à Clermont-Ferrand, Claudine Khatchadourian porte une histoire familiale marquée par l’exil et la mémoire du génocide de 1915.
Claudine Khatchadourian, présidente de l'association Rencontres et cultures arméniennes à Clermont © RCF« L’Arménie, c’est le pays de mes grands-parents », raconte Claudine Khatchadourian. Il y a plus d’un siècle, ces derniers ont fui les massacres puis ont trouvé refuge en France dans les années 1920, après un passage par la Bulgarie. Installés à Marseille, ils reconstruisent leur vie, sans jamais obtenir la nationalité française. « Je voyais leur tristesse… ils pleuraient souvent. Enfant, je ne comprenais pas ».
Ce n’est que plus tard que Claudine Khatchadourian prend la mesure de cet héritage. « En grandissant, j’ai voulu comprendre ce qui s’était passé ». Une quête personnelle qui l'amène à s’engager auprès de la communauté arménienne, notamment à Clermont-Ferrand, où elle s’installe pour ses études.
« Notre association est avant tout culturelle »
Depuis 2016, elle préside l’association locale, fondée en 1982. « Je veux revendiquer cette mémoire, rappeler que cette reconnaissance n’est pas totale », explique-t-elle, évoquant le génocide toujours non reconnu par la Turquie. Mais son engagement ne se limite pas au devoir de mémoire. L’association propose tout au long de l’année des événements culturels : célébration du Noël arménien, commémoration du 24 avril, concerts, conférences ou encore fêtes conviviales. « Notre association est avant tout culturelle. On veut aussi partager la richesse de notre culture, la musique, la cuisine, les traditions ».
« Ce pays fait partie de mes gênes »
Un attachement renforcé par un voyage récent en Arménie, une première pour elle. « Je m’y suis sentie à l’aise, en sécurité, avec des gens exceptionnels. Ce pays fait partie de mes gènes ». Elle aimerait bien y retourner prochainement. Et d'ajouter : « Je conseille toutes celles et ceux qui veulent découvrir ce pays de s'y rendre. Ils y seront très bien reçus ! » Face aux tensions actuelles dans la région, notamment dans le Haut-Karabakh, Claudine Khatchadourian reste mobilisée. « C’est inadmissible que personne n’en parle. En 2023, 130 000 Arméniens ont été déplacés. On a l’impression de revenir cent ans en arrière ».
À Clermont-Ferrand, où la communauté reste modeste, l’association joue un rôle essentiel de lien : « Lorsque deux Arméniens se rencontrent, ils parlent du génocide… mais moi, j’aimerais aussi qu’on parle de la culture, de cette Arménie qui continue de vivre ».


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