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À Bordeaux, le Mois de la photo interroge notre rapport aux images

À Bordeaux, le Mois de la photo interroge notre rapport aux images

Un article rédigé par Thibaut Lengaigne - RCF Bordeaux, le 29 avril 2026 - Modifié le 29 avril 2026
Regards sur l'actualitéQuelle place pour la photographie aujourd'hui ?

À l’heure où les images circulent en continu sur les réseaux sociaux et les écrans, quelle place reste-t-il pour la photographie ? C’est la question au cœur de l’émission Regards sur l’actualité de cette semaine, consacrée au Mois de la photo.

Antonin Louis, Eric Chevance, Anne Beyaert-Geslin, Victoire Brun et Thibaut Lengaigne dans le studio de RCF Bordeaux 2026Antonin Louis, Eric Chevance, Anne Beyaert-Geslin, Victoire Brun et Thibaut Lengaigne dans le studio de RCF Bordeaux 2026

À l’heure où les images circulent en continu sur les réseaux sociaux et les écrans, quelle place reste-t-il pour la photographie ? C’est la question au cœur de l’émission Regards sur l’actualité de cette semaine, consacrée au Mois de la photo. Autour de la table pour y répondre : Antonin Louis, jeune photojournaliste ; Eric Chevance, figure culturelle bordelaise, homme de théâtre et d’éducation populaire et photographe amateur ; Anne Beyaert-Geslin, professeure en sciences de l’information à l’Université
Bordeaux Montaigne et Victoire Brun, responsable des arts visuels à la Mairie de
Bordeaux.

 

Redonner du sens à la photographie

 

Pour sa troisième édition, le Mois de la photo transforme la ville en une vaste galerie à ciel ouvert. Pendant tout le mois d’avril, plus de 100 photographes exposent leurs œuvres dans 38 lieux répartis sur l’ensemble du territoire urbain : galeries, médiathèques, espaces publics, ou encore lieux plus inattendus. « Ce qui est très
important dans le Mois de la photo, c’est que tous les événements sont gratuits et
accessibles pour tous les publics » explique Victoire Brun, responsable des arts visuels
à la Mairie de Bordeaux.


Mais au-delà de l’événement lui-même, l’émission pose une question plus profonde :
comment donner du sens à la photographie dans un monde saturé d’images ?
Aujourd’hui, chacun produit et consomme des images en permanence. Smartphones et réseaux sociaux ont démultiplié les pratiques, au point de banaliser l’acte
photographique.

 

L'art au centre du travail de photographe


Anne Beyeart-Geslin, professeure à l’UBM : « Ce sont des pratiques différentes : la
pratique de la photo avec les téléphones n’est pas à dénigrer car c’est un trésor, notre
petit cocon. Mais ce sont des photos qui viennent vers nous et là, pour le Mois de la
photo, la démarche est différente, c’est le visiteur qui se déplace, qui va vers les photos. »


Dans ce contexte, le travail des photographes – qu’ils soient artistes ou
photojournalistes – se distingue par une intention, un regard, une construction du sens. Cette dernière ne peut se faire qu’avec le public rappelle d’ailleurs le photographe Éric Chevance qui passe toutes ses après-midis à la galerie n’a qu’un œil où il expose son travail : « il y a les intentions que peuvent avoir les artistes et puis de l’autre côté les perceptions qu’en ont les visiteurs ».


Comme le rappelle Anne Beyeart-Geslin, spécialiste de l’approche sémiotique des
images, « toutes les images mentent : elles ne sont pas la réalité, c’est celui qui les
regarde qui leur donne leur sens. » La photographie n’est jamais neutre : elle
sélectionne, cadre, interprète. « Le photographe choisit ce qu’il veut montrer, une vision qui lui est propre, une vision d’artiste » poursuit Antonin Louis, jeune photographe en herbe.


Face à la profusion d’images instantanées, la photographie peut ainsi retrouver une
fonction essentielle : ralentir le regard et inviter à la réflexion.

 

RCF Bordeaux
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Regards sur l'actualité
RCF Bordeaux
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