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A Arradon : le quartier de la discorde

A Arradon : le quartier de la discorde

RCF Sud Bretagne, le 10 novembre 2022  -  Modifié le 14 novembre 2022

Le futur quartier du Hent-Bihan est dans les cartons de la mairie d’Arradon depuis 2013. Porté par l’équipe nouvellement élue en 2020, sa concrétisation divise depuis des mois les habitants de la commune. État des lieux de la situation avec les réactions des différentes parties prenantes. 
 

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300 à 350 logements sur une surface de 15 hectares, parmi lesquels 60% de logements sociaux. Le projet d’aménagement d’un nouveau quartier à Hent-Bihan, dans la commune d’Arradon, ne fait pas que des heureux. 
 

L’opposition est structurée en deux parties. Il y a la minorité municipale qui dénonce un passage en force de la part du maire, Pascal Barret. Lundi 7 novembre, elle a d’ailleurs proposé la mise en place d’un référendum local sur la question, aussitôt balayée par la mairie qui y voit surtout un coup politique.  

“ Nous sommes dans un refus démocratique flagrant “

Les opposants au projet se trouvent également du côté des habitants. Quelque 300 d’entre eux (sur les 5.413 que compte la commune), se sont structurés en une association, “Agir pour l'environnement des Arradonnais”, selon le Président, Jean-Noël Picard. 
 

Jean-Noël Picard dénonce un projet trop soudain et trop concentré : "L’urbanisation d’Arradon doit évoluer. On ne s’y oppose pas. En revanche, on s'oppose au projet tel qu’il est proposé par monsieur le Maire.” Il affirme également que “Augmenter la population de 25% va modifier l’organisation du bourg”.
 

Un problème double selon lui. Car au-delà le manque de concertation, à ses yeux, c’est aussi la typologie des futurs habitats qui pose problème, avec 60% de logements sociaux. Et de s’appuyer sur l’enquête publique menée à l’initiative de la mairie au mois de septembre 2022. Sur les 900 avis recueillis, “90 % ont exprimé un avis défavorable au projet. Nous sommes dans un refus démocratique flagrant” complète t-il. 
 

Une commune en déficit de logement social 
 

Du côté de la Mairie, de cette enquête publique, on retient deux choses principalement. La première, une minorité silencieuse, favorable au projet, qui se ne serait pas exprimée. La deuxième, l’avis favorable émis par la commissaire enquêtrice. 
 

Le maire Pascal Barret s’appuie également sur la législation. Arradon a effectivement été déclarée en “déficit de logement social”. La loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) prévoit, pour les communes de plus de 3.500 habitants, un aménagement urbain composé d’un seuil minimal de 20% de logements sociaux. A l’heure actuelle, Arradon en compte seulement 8%.
 

“Les craintes ne sont pas fondées. Un quartier ça se construit avec les habitants, tranquillement, en l'occurrence ici sur les 10 prochaines années“ tempère l’élu. “On va accueillir de nouvelles populations, c’est formidable. On va monter à 6 000 habitants, il n’y a pas de scandale” affirme Pascal Barret. 
 

Pour lui, cette opposition au projet du Hent-Bihan traduit surtout un rejet de mixité sociale : “Nous vivons dans une société au climat anxiogène, on est au cœur de ce sujet. Cette peur de l’autre m’attriste”. 
 

Après des mois d’échanges houleux et de tensions, Arradon devrait être fixée sur le projet du Hent-Bihan le 06 décembre 2022, jour de conseil municipal pour la commune. Jour aussi où devrait être mis en place un comité de suivi sur le projet constitué de citoyens. A condition évidemment que le dossier soit définitivement validé. 
 

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