1er Mai : les syndicats veulent le garder férié
Une proposition de loi agite le monde syndical. Elle prévoit de légiférer pour autoriser le travail dans les commerces de proximité le 1er mai. Réunis devant le MEDEF au Puy-en-Velay, les syndicats sont remontés.
Pierre Marsein et les syndicats réunis devant le MEDEF de Haute-Loire contre le travail le 1er mai. ©RCF Haute-LoireChaque 1er mai, l’immense majorité des Altiligériens ne travaillent pas. Jour férié oblige. Certains métiers comme les boulangers ou les fleuristes demandent depuis plusieurs années à pouvoir ouvrir. C'est possible, mais seuls les patrons ont le droit de travailler ce jour-là, pas les salariés. Cette proposition de loi doit permettre de définir un cadre clair et d’offrir la possibilité aux salariés de travailler le 1er mai.
Une mesure que combattent les syndicats. Ce vendredi 10 avril, à midi, ils se sont réunis devant le MEDEF de Haute-Loire pour dire non à cette mesure. “C’est une vieille lubie du patronat qui revient régulièrement” peste Pierre Marsein, le secrétaire général de la CGT 43.
Selon lui, les garde-fous mis pour éviter les abus ou les obligations ne seront pas respectés. Le texte prévoit qu’un salarié peut travailler le 1er mai uniquement sur la base du volontariat, payé double et sans conséquence en cas de refus. Finalement, cette proposition “remet en cause les journées de loisirs des travailleurs” explique Vincent Delauge, secrétaire de Force Ouvrière en Haute-Loire.
Les syndicats craignent de revivre la situation du travail du dimanche
La quarantaine de manifestants réunis devant le MEDEF de Haute-Loire demande, à l’unisson, un abandon du texte. Les syndicats estiment qu’on “va suivre la même logique que le travail le dimanche. Oui c’était sur la base du volontariat mais dans les entreprises on sait bien comment ça se passe” souligne Vincent Delauge. Même son de cloche du côté de la CGT.
Le texte aurait dû être débattu ce vendredi à l’Assemblée nationale. Mais, situation rarissime, le bloc central à l’origine de la proposition de loi a décidé de voter une motion de rejet. Conséquence : pas de vote à l’Assemblée nationale, direction la commission mixte paritaire. Des députés et des sénateurs vont se réunir pour approuver ou non le texte.
Les syndicats altiligériens espèrent que cette situation fera descendre les salariés dans la rue. Vincent Delauge lâche amer : “le gouvernement ne veut pas augmenter les salaires, ni le point d’indice des fonctionnaires, par contre il veut nous faire travailler le 1er mai, notre seule réponse c’est : une augmentation des salaires”.
