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Le Grand Témoin RCF - page 6

présentée par Louis Daufresne

Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.

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Episodes

  • © RND-RCF
    27 janvier 2026

    Les Français ne sont majoritairement favorables ni à l'euthanasie ni au suicide assisté, selon la Fondapol

    17 min
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    Dominique REYNIÉ, politologue, professeur des universités à Sciences-Po, président de la Fondapol

    La question de la fin de vie continue son chemin parlementaire au Sénat. Après avoir rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur l’aide à mourir, la chambre haute examine celle sur les soins palliatifs, texte du député macroniste Annie Vidal. Alors qu'une dizaine de départements n’en sont pas équipés, l’élu propose de créer des « maisons d'accompagnement et de soins palliatifs ». Les deux propositions de loi seront mises au vote demain. Depuis le début de ce débat largement escamoté, les media relaient le plus souvent le discours des partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, en particulier celui de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), ce qui tend à inhiber les représentants de la nation, quand ceux ne sont pas résignés ou craintifs à l’idée de prendre un risque politique en s’opposant à une réforme sociétale. Pourtant, contrairement à ce que ce discours fait infuser dans les esprits, l’opinion n’est pas du tout acquise à une rupture de l’ordre éthique, juridique et politique. Du point de vue du droit, l’euthanasie est un meurtre voire un assassinat puisqu’il y a préméditation. La représentation parlementaire ne peut ignorer ou présumer l’état de l’opinion. En tout cas, une enquête amène à considérer que la mort administrée ne répond pas à une demande pressante d’une majorité de Français. Cette enquête réalisée en octobre par la Fondapol, laboratoire d’idées « libéral, progressiste et européen », montre un tout autre visage de la question. Elle s’intitutle : « Les Français n’approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ». Le sondage a fait l’objet d’un partenariat avec les AFC, les Associations familiales catholiques.

  • © RCF-RND
    26 janvier 2026

    Marek Halter fête ses 90 printemps, des projets plein la tête

    17 min
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    Marek HALTER, écrivain. Auteur de Le juif (Fayard)

    « Je vais fêter mes 90 ans mais j'ai encore de quoi faire », relève Marek Halter, auteur d’un 39e roman, sobrement intitulé « Le Juif » (Fayard), opus qu'il compare à « une parabole ». C'est « l'histoire d'un homme qui n'était pas juif », relate l'écrivain à succès qui célébrera son anniversaire demain dans son appartement du Marais, à Paris, où il réside depuis six décennies. Enfant, le héros de Marek Halter, Jean-David Dupuis, fut circoncis pour raisons médicales. Il devient « juif malgré lui, par le regard des autres ». Un roman sur la quête d'identité. Ce roman pose la question de savoir comment vivre avec une étiquette qu'on ne peut s'arracher. Parallèlement, Marek Halter continue à se battre pour la paix car il faut « rester optimiste, malgré tout », en particulier sur les relations entre juifs et palestiniens. L’écrivain né en Pologne et naturalisé français en 1980 organisera le 22 mars une nouvelle marche contre le terrorisme, avec des musulmans. Marek Halter pense que l’on peut critiquer Israël sans verser dans l’antisémitisme, même s’il attend de voir comment sera rédigée la proposition de loi qui, en voulant répondre à « l'explosion des actes antisémites en France » depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, prévoit de créer un nouveau délit réprimant les appels à la disparition d'un État. Ce texte est porté par Caroline Yadan, députée d'une circonscription des Français de l'étranger englobant Israël. Il figure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale aujourd’hui. « Dans l'histoire, argue-t-elle, les Juifs sont toujours coupables : trop riches ou trop pauvres, empoisonneurs de puits, voleurs d'organes, assassins d'enfants, meurtriers de Jésus. Il y a toujours, hélas, une bonne raison de haïr les Juifs. Aujourd'hui, cette bonne raison se nomme Israël. » 

  • © RCF-RND
    23 janvier 2026

    Le Mahomet de l'histoire n'est pas que chef de guerre, c'est aussi un mystique

    17 min
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    Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme. A codirigé l’ouvrage collectif le Mahomet des historiens (éditions du Cerf)

    Dans les sociétés occidentales, et par la force de leur démographie, les musulmans occupent un espace de plus en plus important, et la présence de leur religion, difficile à cerner tant elle s’imbrique dans la culture, devient par endroit fort visible. On doit pouvoir étudier les racines et les ressorts de ce phénomène et faire en sorte que les travaux sur l’islam, qu’il s’agisse de Mahomet ou du Coran, continuent à être un objet d’étude, de débat, de critique. Cinquante chercheurs de renommée mondiale ont réfléchi à la figure du Mahomet, sous les auspices de deux universitaires, Mohammad Ali Amir-Moezzi et John Tolan. Professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme, Mohammad Ali Amir-Moezzi avait déjà produit un très remarqué Coran des historiens de près de 4000 pages. Dans une société pluraliste, toutes les croyances sont disponibles, laissées au libre choix de la consommation spirituelle. Aussi aucun texte, aucune histoire n’est-il intouchable par essence, n’est inaccessible à l’œuvre de la raison. Le christianisme s’est largement plié à l’exercice, même contre son gré, et s’en sort plutôt bien. Il n’y a pas de raison que l’islam échappe à ce regard critique historique, d’autant que les représentations de Mahomet sont extrêmement variées et que la dimension mystique du personnage permet de compenser des ardeurs guerrières que l’islam politique a tendance à sélectionner de manière exclusive. Si la violence est dans les sources de cette religion, aucun musulman n’est invité à y recourir par principe. Ce travail est une invitation au savoir, à l’intelligence, au travail et à la nuance.

  • © RCF-RND
    22 janvier 2026

    L'épopée du RPR peut-elle (encore) inspirer la droite ?

    17 min
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    Pierre MANENTI, normalien, ancien directeur de cabinet ministériel. Auteur de Le RPR - une certaine idée de la droite (Passés composés)

    Il y a cinquante ans, en décembre 1976, un certain Jacques Chirac démissionnait du gouvernement pour fonder le RPR, le Rassemblement pour la République, une écurie à la mesure de cet étalon de la politique auquel il faudrait vingt ans pour conquérir l’Élysée. Alors que la droite au Sénat, dans une sorte de sursaut, s’est rappelé la figure d’Antigone, la question est : le RPR peut-il encore inspirer cette droite dont on mesure mal la consistance, le charisme et l’empâtement sur la vie politique, mangée par la macronisme à gauche et confinée par le RN à droite ? La marque RPR (qui existe encore) évoque ce puissant parti de masse de quelque 900000 adhérents. L’épopée s’achèvera en 2002 par la fusion avec l’UDF dans un nouvel ensemble appelé UMP. Quels enseignements cette histoire peut-il procurer à la période de désarroi que vit la droite LR aujourd’hui ? Par ailleurs, quelle influence réelle ce grand parti a-t-il pu exercer sur les mœurs, les « conquêtes » sociétales de la gauche étant rarement contestées, en tout cas jamais remises en cause, par la droite de gouvernement ? La question migratoire et l'horizon européen restent aussi des sortes de points aveugles qui contribuèrent à renforcer le futur RN, si férocement combattu par Jacques Chirac tout au long de sa vie.

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    21 janvier 2026

    La paix ne peut venir que de la souveraineté du Christ, dit Pie XI dans Quas Primas

    17 min
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    Philippe PELLET, chercheur franco-hongrois à l’Université de Budapest. Auteur de Royauté sociale du Christ et laïcité - relire Quas primas cent ans après (éditions Saint-Léger)

    Dans ces temps de confusion des repères, dans un monde sans boussole, la question de la royauté sociale du Christ paraît extrêmement disruptive. Et elle l’est. Il y a cent ans, le pape Pie XI publiait l’encyclique Quas Primas instaurant la fête du Christ-Roi. C’est à cette occasion que le mot laïcisme fut utilisé pour la première fois, afin de distinguer une saine laïcité d’une laïcité agressive et corrosive. Face aux tensions internationales et à la sécularisation continue des sociétés occidentales, comment actualiser cette pensée ? Philippe Pellet a entrepris ce travail à la croisée de la théologie et de la philosophie politique. D’une mère hongroise ayant fui son pays après le soulèvement de 1956, il passa trente ans de sa vie dans le domaine du développement durable, en Afrique, en Asie et en France. Il vit en Hongrie depuis vingt ans. Philippe Pellet collabore parallèlement avec Hungary Helps, l’agence gouvernementale d’aide humanitaire internationale aux communautés chrétiennes persécutées.

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    20 janvier 2026

    Le monde d'après : qu’adviendrait-il si l’euthanasie devenait notre quotidien ?

    17 min
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    Matthieu NOLI, journaliste, romancier. Auteur de Chroniques euthanasiques (Salvator)

    Peut-on imaginer le monde d’après ? Qu’adviendrait-il si l’euthanasie était légalisée et entrait ainsi dans la vie quotidienne des Français ? C’est à cet exercice que s’est livré Matthieu Noli, non sans une certaine forme d’humour noir, puisqu’il s’agit de pointer les situations qu’un déplacement de la norme, celle de l’interdit de tuer, va engendrer, presque mécaniquement. Son récit vise à déminer les arguments en faveur de la mort provoquée. Journaliste, Matthieu Noli faillit mourir à l’âge de 30 ans lorsque dans les rues de Toulouse, victime d’une agression, il reçoit deux coups de couteau. Il restera entre la vie et la mort. Nul doute que cette expérience fut décisive. Matthieu Noli pointe un « secourisme à l’envers » et le caractère sirupeux du discours pro-euthanasique, alors qu’en vérité, les personnes les plus fragiles subiront une pression sociale telle qu’elles sentiront en devoir de se supprimer elles-mêmes. L’écrivain voudrait poser deux questions aux sénateurs : si leur mère leur demandait de mourir, la tueraient-ils ? Et seraient-ils capables de tenir la seringue eux-mêmes ? Matthieu Noli croit au miracle et se dit persuadé qu’après deux reports, cette proposition de loi en connaîtra un troisième et qu’au bout du compte, elle ne passera pas. 

  • Photo libre de droit
    19 janvier 2026

    Trump, le retour, un an après : tout a changé

    17 min
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    Gérald OLIVIER, journaliste franco-américain. Auteur de Cover Up, le clan Biden, l'Amérique et l'État profond (Konfident) 

    Il y a un an presque jour pour jour, le 20 janvier, Donald Trump retrouvait la Maison-Blanche. Que n’avait-on dit, depuis l’affaire du Capitole, que ce retour serait impossible. Puis le président MAGA s’imposa, fort de la volonté démocratique d’une large majorité d’Américains. Donald Trump se mit à rompre avec la rhétorique à laquelle la vieille Europe était habituée, celle du monde libre face au reste du monde. On découvrit subitement que l’Amérique traitait ses alliés comme des vassaux, ce qui avait toujours été le cas mais que le trumpisme nouvelle version rendait évident. Avec l’affaire du Groenland, l’Union européenne se retrouve à combattre sur deux fronts, face à la Russie et face aux États-Unis. Situation pour le moins inconfortable. Face à la menace de surtaxe douanière de 10 %, l’Union européenne menace d’activer son instrument anti-coercition, afin de restreindre l’accès de son marché aux entreprises US. Un an après son retour au pouvoir, Donald Trump a renversé un ordre international fondé sur le multilatéralisme et le droit.

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    16 janvier 2026

    Un ancien membre du GIGN raconte sa « divine connexion »

    17 min
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    Jean-Luc CALYEL, ancien chef de groupe au GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie nationale. Auteur de Du GIGN à la foi (Mama éditions)

    On sait que les voies du seigneur sont impénétrables mais qu’elles peuvent percer tous les blindages, toutes les cuirasses de l’orgueil ou de l’indifférence. Jean-Luc Calyel a fait sa carrière au GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie nationale, des super guerriers capables d’affronter toutes les situations de guerre, en particulier dans le cadre antiterroriste. Sang-froid, rationalité, efficacité : il faut taper juste et fort, il faut neutraliser. Dieu n’était pas présent dans sa vie et il est venu le chercher, à 27 ans, sous la coque d’un bateau ! Jean-Luc Calyel parlera d’une divine connexion qui se vérifiera à de nombreuses reprises dans sa vie. 

  • Photo libre de droit
    15 janvier 2026

    IA : l’homme augmenté ou le vivant diminué ?

    17 min
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    Gaultier BÈS, normalien, agrégé de lettres modernes. Avait cofondé la revue Limite. Auteur de La vie machinale, pourquoi et comment résister à l’IA ? (Desclée de Brouwer)

    C’est l’une des figures qui avaient émergé au moment de la Manif pour Tous, sous les auspices de l’écologie humaine, concept qui prend l’écologie radicale au piège de certaines de ses contradictions, en intégrant le respect de la vie et de la morale à la démarche écologique. Gaultier Bès avait fondé la revue Limite qui avait agrégé une nouvelle génération de jeunes intellectuels engagés sur la vision intégrale de l’écologie, telle que la promeut d’ailleurs l’Église catholique. Normalien, agrégé de lettres modernes, il s’est installé en famille dans un village, entre Roanne et Paray-le-Monial – dont le nom est prédestiné : la Benisson-Dieu. Gaultier Bès ne pouvait passer à côté d’une réflexion à laquelle un Fabrice Hadjadj s’était aussi attelé : celle de la place de l’homme placé sous assistance artificielle, y compris dans sa capacité à réfléchir. Sa hantise : la vie machinale à laquelle il nous adjure de résister. Ce qui compte, ce n’est pas ce que fait l’IA mais ce qu’elle fait de nous. Il récuse l’idée que la valeur de l’outil dépend de l’usage que l’on en fait dans la mesure où le biais algorithmique, par essence et par effet de masse, pense à notre place et rend l’intelligence, autant que l’expérience, obsolètes. Avec l’IA advient l’ère inhumaine de l’abrutissement généralisé dont seuls profitent quelques milliardaires obsédés par les profits qu’ils peuvent en tirer. Il est urgent d’agir.

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    14 janvier 2026

    Comprendre le Mercosur et les ressorts de l’agriculture française

    17 min
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    Michel DANTIN, ancien maire de Chambéry, président du Conseil national de l’enseignement agricole privé (CNEAP)

    Les députés examinent aujourd’hui deux motions de censure, déposées par LFI et le RN, dénonçant l'accord de libre-échange que l'Union européenne signera samedi avec les pays du Mercosur, alors que les tracteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs ont commencé à se retirer de la capitale tôt ce matin, après avoir obtenu cette nuit des engagements sur les sujets de trésorerie. Malgré l'opposition unanime de la classe politique à l'accord de libre-échange, ces deux motions n'ont guère de chance d'être adoptées, ni le PS ni LR ne souhaitant s'y associer. Par-delà cette agitation politicienne, il convient de mesurer les conséquences d’un tel accord sur le secteur agricole, l’un des piliers à la fois de notre indépendance, de notre puissance et de notre identité. La question de la traçabilité et secondairement du contrôle apparaît comme essentielle. Michel Dantin raconte notamment une mission qu’il avait entreprise, comme député européen, dans des exploitations du Brésil. Il souligne aussi à quel point l’intégration de l’Ukraine dans l’UE serait une source majeure de déséquilibre.

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    13 janvier 2026

    Natalité en berne : comprendre le phénomène « sans enfant par choix » en France comme en Pologne

    17 min
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    Joanna NOWICKI, professeur en science de l’information et de la communication à l’université de Cergy-Pontoise. Co-auteur de Sans enfant par choix, le phénomène « childfree » (Cerf Patrimoines)

    L’inversion des normes est une nouvelle idéologie, à la fois insidieuse et oppressive, à laquelle la proposition chrétienne se doit d’apporter une réponse. Partout où la post-modernité passe, la vie trépasse, si on en juge par les deux extrémités que sont le début et la fin de la vie. La fin de la vie fait l’objet d’une pression monstre de la part des lobbys de l’autonomie totale et souveraine du sujet. Le début de la vie, sans même parler des pratiques abortives, devient lui aussi problématique, avec l’effondrement continue de la natalité. De janvier à novembre, le nombre de bébés a encore reculé de 2,4 % par rapport à la même période en 2024 pour atteindre probablement un nouveau plancher, selon de récentes données de l’Insee. En 2025, pour la première fois depuis 1944, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances, sur une année civile. Ce phénomène n’est pas réservé à la France. Si on prend la Pologne, où la sécularisation progresse, la tendance est du même ordre. Aussi faut-il examiner le phénomène qui consiste à ne pas avoir d’enfant par choix, le phénomène childfree. Avoir des enfants n’est pas une lubie de milieux conservateurs. Tout notre système de solidarité repose sur la fécondité des femmes, lequel risque d’être aspiré par les berceaux vides. Emmanuel Macron avait lui-même rappelé l'urgence d'un « réarmement démographique ».

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    12 janvier 2026

    1983 : année-clé de l’histoire politique française, 30 ans après la mort de François Mitterrand

    17 min
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    Frédéric BOZO, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne nouvelle. Auteur de Le Tournant de 1983, une histoire politique : La gauche, la rigueur, l'Europe (Odile Jacob)

    On a tendance à l’oublier mais ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence de choix qui ont été faits hier et qui, en se sédimentant, engendrent le monde présent. 1983 est une année pivot dans l’histoire politique française : en juin, c’est La Marche des Beurs, moment fondateur de l’histoire de l’antiracisme, survenue comme une réponse quasi symétrique à l’émergence du Front national aux municipales de Dreux, lorsque le 16 mars l’union des droites permet d’y battre la gauche au second tour. Un autre événement majeur se déroule à ce moment-là : le 21 mars, c’est le tournant de la rigueur : la fin du socialisme en un seul pays mené par le gouvernement de Pierre Mauroy et une politique, avec Jacques Delors, qui esquisse l’Union européenne sous pavillon allemand. Ce tournant survient après deux années dominées par des mesures phares comme les nationalisations, la hausse du SMIC et des prestations sociales, création d’emplois publics, la retraite à 60 ans. Cette politique se traduit par un inflation élevée, des déficits publics et extérieurs, une hausse du chômage, et la fuite des capitaux. La rigueur, malgré tout, n’est pas à confondre avec l’austérité et nul ne reviendra sur les acquis sociaux de 1981. 

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    9 janvier 2026

    Fin de vie : quand le Sénat ajoute de la confusion

    17 min
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    Dr Jean Marie GOMAS, médecin généraliste, gériatre, ancien président du comité scientifique de la Société française de soins palliatifs (Sfap), ancien responsable d'une unité de soins palliatifs à Paris. Co-auteur de Fin de vie, peut-on choisir sa mort ? (Artège)

    Érigée par Emmanuel Macron en priorité sociétale du second quinquennat, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027 ? Longtemps repoussé en raison de l'instabilité politique, le débat parlementaire a repris mercredi en commission au Sénat, où des oppositions persistent sur la création d'un dispositif d'aide à mourir, souhaité par l'exécutif mais remanié par les sénateurs. Mais ce que propose la chambre haute ajoute de la confusion, en parlant d’une assistance médicale à mourir, alors que le Conseil d’État préconise l’usage des mots euthanasie et suicide assisté, pour que l’opinion saisisse de quoi il s’agit au fond. Deux propositions de loi sont examinées en parallèle : une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre sur la création d'une aide à mourir, nom destiné à euphémiser la réalité de la levée de l’interdit de tuer, ce qui constitue un basculement éthique majeur. On ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se jouer en ce moment, une sorte de catastrophe éthique annoncée, alors que, des laboratoires d’idées comme la Fondapol ont déjà fourni aux législateurs tous les éléments pratiques, juridiques, statistiques permettant de comprendre qu’on s’achemine vers une situation incontrôlable, comme c’est le cas en Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada. Le Dr Gomas défend le principe des conférences de consensus que le gouvernement aurait dû mettre en place sur un sujet aussi fondamental que celui de la vie et de la mort, de la toute-puissance de l’État, du lien entre des individus solidaires et responsables.

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    8 janvier 2026

    Le consistoire extraordinaire peut-il dénouer la question liturgique en France ?

    17 min
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    Père Marco GALLO, directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie (ISL) à l’Institut catholique de Paris

    Un consistoire extraordinaire se déroule en ce moment à Rome, où 170 des 245 cardinaux sont réunis à huis clos depuis hier, au fil de trois sessions de travail dont les réflexions seront restituées au pape cet après-midi. Après une année de transition, marquée par le jubilé de l’espérance, ce rendez-vous ressemble à une entrée de plain-pied dans le magistère de Léon XIV. Ce consistoire répondait à une demande formulée par les cardinaux avant l'élection de Léon XIV pour introduire davantage d'horizontalité. Les deux principaux thèmes de réflexion sont l'évangélisation et la synodalité, c'est-à-dire la gouvernance sur l'écoute et la coresponsabilité des fidèles. Néanmoins, il y a de fortes attentes, du moins en France, sur la liturgie dont la place de la messe en latin selon le rite de saint Pie V. Marco Gallo est prêtre du diocèse de Saluce, dans les Alpes piémontaises en Italie. Il a exercé pendant près de vingt ans comme curé de paroisse et enseignant de liturgie et de théologie sacramentaire en Italie. Depuis septembre, il dirige l'Institut Supérieur de Liturgie de l'Institut Catholique de Paris, où il est également Professeur extraordinaire en théologie liturgique et sacramentaire. Il est membre du comité de rédaction scientifique de la revue La Maison-Dieu et poursuit ses recherches sur les enjeux contemporains de la pratique liturgique.

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    7 janvier 2026

    Faire et défaire les réputations : le pouvoir de Wikipédia

    17 min
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    Nelly DARBOIS, consultante et formatrice spécialisée dans l’accompagnement des entreprises. Auteur de Le pouvoir discret de Wikipédia - exister, influencer et protéger votre image (Gereso)

    L’une des erreurs assez classiques consiste à dire que les outils sont neutres, qu’ils ne dépendent que de l’usage qu’on en fait. C’est vrai jusqu’à un certain point. Un Smartphone ou un écran n’est ni bon ni mauvais. Mais la question n’est pas là. La vraie question, c’est que l’outil produit un comportement. Se demander comment faire avec le Smartphone ou les écrans, question déjà un peu datée, c’est reconnaître implicitement que ces outils nous imposent leur loi. C’est la même chose avec Wikipedia. En soi, c’est une ressource à visée encyclopédique qui est à notre disposition. Et pourtant beaucoup de choses la distinguent d’une encyclopédie classique, vous savez celle de l’armoire que vous n’ouvrez plus depuis longtemps. Le monopole de Wikipedia se nourrit du besoin de reconnaissance. Cette forme de vanité a un prix : le levier de pouvoir est aussi une arme qui fait autant qu’elle défait les réputations. L'essentiel, en tout cas, est de savoir comment fonctionne cet outil collaboratif et cette association à but non lucratif dont les règles varient d’un pays à l’autre : y aurait-il besoin d'une régulation au risque de pratiquer une censure ou faut-il faire confiance à tout prix à l'intelligence collective pour que la vérité l'emporte au bout du compte ?

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    6 janvier 2026

    Quelles résolutions pour 2026 à l’ombre de saint Augustin et des grands philosophes antiques ?

    17 min
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    Benoît DAVID, conseil en dirigeant d’entreprise, conférencier. Auteur de Ils sont venus nous dire (éditions Au fil du temps) 

    De Pythagore à saint Augustin, les grandes figures peuvent nous inspirer au quotidien, pour peu qu’on descende leur statue de l’étagère sur laquelle notre esprit a tendance à les poser. On peut les rendre accessibles. On peut en faire des compagnons de vie. On peut même converser avec elles, c’est ce que Benoît David entreprend au travers d’une relation épistolaire revigorante dans laquelle il rend grâce de l’influence que ces penseurs exercent sur sa vie d’entrepreneur, en l’espèce de conseil en dirigeant d’entreprise. En ce début d’année, sur ce terrain miné de la vie, du chaos de l’existence, les grands anciens peuvent nous aider à tracer notre sillon. Sénèque n‘a-t-il pas écrit sur la tranquillité de l’âme ? Et puis, avec le voyage que le pape Léon XIV désire entreprendre en Algérie, c’est aussi un bon début pour s’initier à saint Augustin.

    Partout en France, Benoît David donne une conférence intitulée Comment la Pensée des Philosophes de l'Antiquité peut-elle nous aider à être plus heureux et vivre mieux aujourd'hui ?

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    5 janvier 2026

    Après le drame de Crans-Montana, quelle parole pour l’Église ?

    17 min
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    Père Joël Pralong, prêtre du diocèse de Sion (Valais), infirmier de formation, prédicateur de retraites, chapelain de la Basilique Notre-Dame de Valère, ancien supérieur du séminaire de Sion (Valais)

    Dans l’épreuve, l’Église demeure le lieu de la consolation. Des centaines de personnes ont assisté hier à la messe, dans le froid, à l'extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans-Montana, qui était bondée. Le jour de l’an est traditionnellement consacré à la fête de Marie Mère de Dieu et à la prière mondiale pour la paix mais, depuis le drame de la saint Sylvestre, ce sont des familles déchirées qui pleurent ce qui est arrivé à leurs enfants, souvent mineurs, dans l'insouciance des vacances de Noël. Quelle parole l’Église peut-elle avoir en pareilles circonstances, c’est la question que nous avons posée au père Joël Pralong, lui-même d’origine valaisanne.

  • Photo libre de droit
    2 janvier 2026

    Philippe Royer lance Redonner du sens, pour renouveler l’offre politique

    17 min
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    Philippe ROYER, entrepreneur, cofondateur du réseau Cléophas Sens & Performances, président de Fratello, ancien dirigeant des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), fondateur de Redonner du sens. Auteur de Fils de paysan - notre bon sens commun (Fayard)

    Tel un orage de grêle, la condamnation de Nicolas Sarkozy a essoré le champ médiatique, sur lequel les agriculteurs en colère avaient planté l’épouvantail de leur mobilisation. Et pourtant la chose est sérieuse : il s’agissait de dénoncer le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur dont Bruxelles a lancé au début du mois le processus de ratification. La France, hier très opposée, semble depuis lors se montrer moins défavorable. Et si, dans tous les domaines, on en revenait au bon sens paysan, “notre bon sens commun”. Le rond-point des gilets jaunes serait-il une métaphore de la politique, qui coûte cher et tourne en rond et que le moindre obstacle suffit à paralyser. Quelle direction ce bon sens pourrait-il nous indiquer ? C’est toute la question soulevée par Philippe Royer, entrepreneur et ancien dirigeant des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), fondateur de Redonner du sens, initiative destinée à renouveler la vie politique.

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    1 janvier 2026

    Le bien commun, quelle efficacité politique et économique ?

    17 min
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    Bénédicte RENAUD-BOULESTEIX, haut fonctionnaire, docteur en études politiques de l’EHESS. Co-auteur de Bien commun : quelle efficacité politique et économique de la prescription morale ? (Hermann)

    Pour l’Église catholique, le bien commun est « l’ensemble des conditions sociales qui permettent à la personne, aux familles et aux groupes, d’atteindre plus pleinement et plus facilement leur perfection propre ». Il ne s’agit donc pas d’une addition ou d’une juxtaposition d’intérêts particuliers, ni d’un intérêt général abstrait. C’est ce qui rend possible l’épanouissement de chaque personne, eu égard à sa dignité et à sa vocation. Le bien commun requiert la participation de chaque citoyen qui a une responsabilité, selon ses moyens. La finalité est transcendante : le bien commun trouve son accomplissement ultime en Dieu. L’ordre social n’est pas une fin en soi mais doit ouvrir à la vie spirituelle et au salut. Un ouvrage collectif, fruit d’un colloque qui s’est tenu en 2023 à l’Institut catholique de Paris, éclaire les diverses significations de la notion de bien commun en retraçant sa généalogie de saint Thomas d’Aquin à nos jours. Mais une question demeure : quelle peut être l’efficacité de cette notion ? Comment la mettre en pratique dans une société éclatée où il existe une impossibilité de l’action commune ? Et puis, le bien commun risque d’être victime de son succès : c’est une notion miroir où chacun projette son désir d’influence, ce qui est sans doute le moins bon service à lui rendre.

  • © RND-RCF
    31 décembre 2025

    Qu'est-ce qui nous rend humain et… inhumain ?

    17 min
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    Martin STEFFENS, agrégé de philosophie, enseignant en classes préparatoires à Strasbourg. Auteur de Ce qui nous fait humains - une métaphysique des marges (DDB)

    Les crimes contre l’humanité, expression usitée depuis les opérations menées à Gaza par l’armée israélienne, appartiennent au lexique du droit international dont ils constituent des violations très graves. Ils forment à ce titre une catégorie à part destinée à réprimer des actes commis à grande échelle contre des populations civiles. Mais, au juste, comment distinguer ce qui est humain de ce qui ne l’est pas ? La frontière ne passe pas seulement entre l’homme et l’animal mais entre les humains eux-mêmes. Martin Steffens réfléchit notamment à la notion de non-emprunt de Marcel Mauss : on choisit d’être et le groupe, craignant que son existence s’arrête, pose une limite à sa compassion. Dans quelle mesure cette conception coïncide-t-elle avec la vision chrétienne du prochain ? Le philosophe distingue en outre trois idéaux-types : le migrant, qui ne va nulle part et n’est nulle part chez lui, le touriste, qui va partout et se sent partout chez lui, et le pèlerin - que nous sommes tous - et dont il décrit le caractère singulier.

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