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Le Grand Témoin RCF - page 10

présentée par Louis Daufresne

Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.

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Episodes

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    3 octobre 2025

    Avec saint Thomas More, s’engager en conscience

    17 min
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    François-Daniel MIGEON, polytechnicien, fondateur du Thomas More Leadership Institute (TMLI). Auteur de Thomas More, l’art de diriger (Salvator)

    Et si en l’absence de gouvernement, on s’intéressait à l’art de diriger. Une figure peut nous inspirer – qui paya de sa tête son opposition au roi Henri VIII qu’il refusait de reconnaître comme chef suprême de l’Église d’Angleterre. Il y a 25 ans, saint Thomas More était proclamé patron des responsables politiques et des juristes. En écho à son enseignement du XVIe siècle, un colloque se tient samedi 11 octobre à l’Institut catholique de Paris : Il s’intitule « s’engager en conscience ». C’est François-Daniel Migeon, passé par l’école polytechnique et McKinsey, qui l’organise au titre Thomas More Leadership Institute (TMLI) qu’il a fondé. « Il faut tout réinventer », estime-t-il, et seule la conscience peut le faire. Plus qu’un mot, c’est un lieu où l’on se parle et d’où l’homme se saisit de sa nature. Chacun en a une. C’est un antidote à la fuite et à la haine. La conscience rapproche et unit, tandis que les convictions divisent. Conscience rime avec confiance : elle mise sur le meilleur de l’autre. Participeront à cet événement Jean-Dominique Sénard, président du CA de Renault Group, Élisabeth Balladur, médecin et vice-présidente de la Coordination régionale des soins palliatifs d’Île-de-France, et Loïc Hervé, vice-président du Sénat. Pour être en conscience, on a besoin de silence, d’intimité avec soi-même. La démocratie devrait être un lieu de pudeur et de retenue, conditions pour faire émerger la conscience d'une nation. On ne peut se contenter de la situation actuelle où se confrontent avec fracas des représentations du réel qui se jugent inconciliables et postulent la destruction de l’adversaire.

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    2 octobre 2025

    Le christianisme est-il la religion du bien-être ?

    17 min
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    Frère Sylvain DETOC, dominicain, docteur en littérature et en théologie. Auteur de Au bon plaisir de Dieu (éditions du Cerf)

    Souvent, dans le christianisme, on a fait rimer calice et cilice, le Christ et la Croix, l’oblation et la souffrance. Il fallait maltraiter son corps pour sauver son âme. Il y aurait tant de choses à dire sur les rapports entre l’âme et le corps. Résumons en disant que les passions méritent d’être domptées sinon on risque d’être submergées par ses excès. Présenter le christianisme comme l’évangile du bien-être est contre-intuitif. Sans angoisse métaphysique, toute religion n’est pas condamnée à fermer boutique ? Pourtant, on ne peut pas se complaire dans une vision janséniste, rivée à la compression du corps et à l’extinction des désirs. Le Christ a pris soin du corps pour atteindre l’âme et la résurrection promise à l’homme concerne son être tout entier. Loin de cautionner la culture lascive du consumérisme sexuel, le frère Detoc invite à détoxifier notre foi, à la voir sous un jour heureux et positif qui, sans exclure la mortification, n’en fait pas le but de la vie. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, pour peu que le bien soit correctement défini. On ne fait pas avancer l’Église en se détruisant.

  • Photo libre de droit
    1 octobre 2025

    Un seul en scène unique en l’honneur de sainte Thérèse de Lisieux

    17 min
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    Jade LANZA, comédienne et auteur

    Comment la petite Thérèse est-elle devenue sainte Thérèse de Lisieux, cette héroïne de Dieu dont la figure est connue et vénérée partout dans le monde ? Cent ans après sa canonisation, un spectacle met en lumière l’influence que ses parents Louis et Zélie Martin ont pu exercer sur leur progéniture, en particulier le regard peu connu de sa mère Zélie, qui lui a transmis un héritage spirituel précieux, à savoir la confiance en l’amour de Dieu, même au cœur des épreuves. Bien que Thérèse ait perdu sa mère très jeune, ce lien a marqué la carmélite normande tout au long de sa courte vie. Ce seul en scène de Jade Lanza se déroule ce soir à l’espace Bernanos, avec une mise en scène de Jean-Marco Montalto. Trois chapitres, les lettres, le récit et le poème, vont scander ce spectacle qui doit faire ensuite l’objet d’une tournée.

    Vivre d'Amour : Mercredi 1er octobre, 19h30 à l'Espace Bernanos (4 rue du Havre, Paris IXe)

    https://espace-bernanos.com/event/vivre-damour/?event_date=2025-10-01 

     

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    30 septembre 2025

    Le synode, ça continue !

    17 min
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    Sœur Christine DANEL, médecin, ancienne supérieure générale des religieuses Xavière. A participé à l’ouvrage collectif Pourquoi rester dans l’Église ? Six regards de femmes (éditions de l’Emmanuel)

    La question peut paraître insolite : pourquoi rester dans l’Église ? Se la poser, n’est-ce pas déjà l’avoir quittée ? Six femmes posent leur regard sur cette réalité, avec leurs doutes et leurs espoirs. Cela fait longtemps que les églises sont désertées par le plus grand nombre - qui est passé à autre chose, au moment où l’institution, c’est le paradoxe, aspirait à se rapprocher des gens. Pour un nouveau baptisé, quinze quittent l’Église, soulignent ces six femmes, philosophe, exégète ou théologienne. Comment se résoudre à cette déprise et surtout comment l’expliquer, alors que le message évangélique n’a rien perdu de son attrait ni de son intensité ? Pourquoi l’institution a-t-elle tant de mal à digérer la question des abus et, surtout, à faire en sorte que les personnes qui souffrent soient prises en compte ? Les travaux du synode entamé en 2021 ont fait l'objet d'un document final de portée magistérielle. Il convient de le faire connaître et d'en concrétiser les recommandations.

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    26 septembre 2025

    La famille doit être reconnue comme un acteur économique majeur

    17 min
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    Jean-Didier LECAILLON, économiste, professeur émérite à l’université Paris-Panthéon-Assas, spécialiste de la famille, prix Jean-Paul II 2025. Auteur de La famille au cœur de l’économie (Salvator)

    C’est un peu un paradoxe de la politique et des media que l’on parle peu de ce que les gens placent au cœur de leur vie. La famille n’est plus un mot très sollicité. Sans doute l’a-t-elle abusivement par d’autres régimes en d’autres temps. En France, près de 80 % des Français vivent en famille. 71 % des enfants mineurs vivent avec les deux parents. 90 % des Français considèrent qu’avoir un enfant est source de bonheur pour les parents. Pourtant, malgré ce caractère plébiscitaire, de moins en moins d’attention est portée à la famille, qui n’a plus de ministère propre et dont les avantages fiscaux et sociaux se sont réduits depuis François Hollande. Beaucoup d’associations familiales avaient alors dénoncé une érosion de l’universalité des allocations familiales. Aujourd’hui, et pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est négatif : entre juin 2024 et mai 2025, 651 200 décès ont été enregistrés contre 650 400 naissances. Si la politique familiale concerne l’éducation, la politique nataliste renvoie à l’incitation. Dans les deux cas, il s’agit d’un investissement. Or la science économique ne reconnaît pas la création de richesse de l’unité domestique, laquelle est perçue sous le seul angle de la consommation (ménages familiaux). Le fait qu’elle soit placée sous la tutelle des affaires sociales, comme le chômage ou la maladie, témoigne du peu de cas qu’on lui porte. Pourtant, la famille conditionne pourtant toute l’équation économique et budgétaire.

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    24 septembre 2025

    Voyage au cœur des contradictions françaises

    17 min
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    Gilles-Martin CHAUFFIER, ancien journaliste à Paris-Match, romancier. Auteur de Les lettres qataries (Albin Michel) 

    C’est l’autre qui nous révèle à nous-mêmes, nous dit qui nous sommes. Quand Montesquieu écrit ses fameuses lettres persanes, c’est le regard neuf d’un étranger qui rend compte au plus juste de la réalité qu’il observe. Bien sûr, il s’agit d’un artifice, d’un procédé un peu déloyal, car ce décentrement est factice. Montesquieu n’avait rien de persan. Ce truchement littéraire, Gilles-Martin Chauffier, notamment distingué par le prix Interallié, l’utilise dans ses lettres qataries dont l’idée est de faire apparaître les bizarreries, les contradictions françaises : celles-ci font le charme de cette nation dont l’étoile brille encore, même si elle illumine moins le monde. Surtout, ce qui est typiquement français se perd ; notre pays se normalise, même si son art de vivre, où prime ce charme de l’inutile, attire encore. Il y a une impertinence, une attitude à la fois moqueuse et joyeuse, qui font l’âme de la France et qui, aujourd’hui, souffre sous les injonctions sectaires de toutes les ligues de vertus, d'une laïcité intégriste aussi, qui érigent partout des interdits de penser et de faire.

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    22 septembre 2025

    L’euro ne pourra pas longtemps masqué l’irresponsabilité française

    17 min
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    Didier CAHEN, économiste, délégué général d’Eurofi. Auteur de L’euro en danger (Odile Jacob)

    Depuis le rapport Werner et le sommet de La Haye en 1969, les pays européens n’ont cessé d’avancer pas à pas vers l’intégration économique et monétaire. Celle-ci a servi de boussole et d’horizon à tout un discours performatif sur le progrès social que ce mouvement engendrerait, même si l’opinion se montra beaucoup plus timide, comme l’illustra le oui du bout des lèvres au traité de Maastricht en 1992 et le non à massif à la Constitution européenne en 2005. Une question se pose : la monnaie unique a-t-elle tenu ses promesses ? Ou plutôt : n’a-t-elle pas été dévoyée ? L’euro a encouragé l’indiscipline budgétaire en apportant une protection sans contrepartie, c’est-à-dire sans la responsabilité. Ainsi l’endettement est-il devenu abyssal et la dépense publique incontrôlée : elle représente environ 57 % du PIB, ce qui place la France parmi les pays les plus dépensiers d’Europe. L’union monétaire est-elle possible sans discipline économique ? Pour Didier Cahen, économiste, il faut dépenser moins, taxer moins, et travailler plus. Or, la France prend le chemin inverse de cette politique. Ce n’est pas d’argent dont notre pays a besoin mais d’investissement productif, de rémunération du risque. Si d’ici à 2027, la trajectoire de la France ne s’infléchit pas, les marchés risquent de se manifester d’une manière aussi vive que brutale.

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    19 septembre 2025

    Couleur framboise, le spectacle de Mehdi Djaadi sur l’infertilité masculine

    17 min
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    Mehdi Emmanuel DJAADI, comédien

    Il s’était fait connaître avec le seul-en-scène Coming out, de 2019 à 2024, qui avait attiré quelque 100000 personnes. Mehdi Djaadi y retraçait son odyssée spirituelle de l’islam au catholicisme, spectacle qui lui a valu d’être nommé aux Molières 2023. L’humoriste sait aborder les questions sensibles. Comme le relève avec justesse une critique à son endroit « l'humour n'est jamais bien loin de la profondeur. Le rire, ici, c’est un liant. Une forme. Une manière de raconter. Mais ce n’est pas le rire que Mehdi Djaadi cherche à faire passer avant tout. (…) Il parle de lui, de ce qui l’a construit, de ses doutes, de ses choix, de ses failles ». À plus forte raison sur un sujet intime comme celui de l’infertilité masculine, thème de son dernier opus intitulé Couleur framboise, (mercredi et jeudi jusqu’au 11 décembre au Studio des Champs-Élysées, Paris VIIIe, mise en scène Thibaut Evrard). En ce temps d’effondrement démographique, où l’on projette qu’à terme seul un quart de l’humanité pourra engendrer, Mehdi Djaadi interroge un sujet à la fois intime et social. Il amène aussi à considérer le regard que l’homme porte sur lui, cette masculinité dont on dit parfois qu’elle est toxique. Son regard puise dans trois consciences qu’il fait dialoguer, islamique (celle de son héritage), chrétienne (celle qu’il a choisie) et athée (celle qui occupe toujours une part en nous).

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    17 septembre 2025

    L'intelligence artificielle mérite d'être régulée...intelligemment, afin de protéger les plus vulnérables

    17 min
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    Laurence DEVILLERS, professeur à la Sorbonne, chercheuse au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (Limsi) du CNRS. Auteur de l’IA, ange ou démon - le monde de l’invisible (éditions du Cerf)

    De la reconstruction de Notre-Dame de Paris à celle, virtuelle, d'Angkor au Cambodge ou à la surveillance de sites remarquables en zones de guerre, les technologies numériques et l'IA révolutionnent la sauvegarde du patrimoine mondial. Là où Eugène Viollet-Le-Duc (1814-1879) faisait ses relevés à la main et se livrait à des campagnes de moulages en plâtre pour restaurer Notre-Dame, architectes et spécialistes du patrimoine ont aujourd'hui accès à des doubles numériques très précis du chef d'œuvre de l'art gothique, dévasté par un incendie en 2019. L’intelligence artificielle joue ici son rôle d’auxiliaire du beau et du bien. La même innovation peut se livrer à une forme de brigandage : c’est le cas avec les géants de la tech qui ont aspiré la « totalité de la musique mondiale » sans respecter le droit d'auteur, selon une organisation internationale d'éditeurs de musique. Puissance de l’invisible, l’IA n’a jamais fini de faire réfléchir aux promesses venimeuses qu’elle contient. Une sujet aussi inépuisable que la logorrhée souvent pâteuse et aseptisée de ChatGPT. La question est : comment l’IA pourrait modifier non seulement ce que nous faisons mais aussi ce que nous percevons du réel et de l’intime. Ces machines sont arrivées en 2022 sans aucun mode d’emploi, sans que l’on mesure les conséquences de leur usage sur les esprits jeunes ou fragiles. ChatGPT envisage même de s’intégrer au fabricant de poupées Mattel. Laurence Devillers ne tombe ni dans la peur irrationnelle ni dans l’enthousiasme aveugle. Elle plaide pour la régulation intelligente, alors que le discours sur l’IA est souvent l’apanage des milieux économiques qui perçoivent le gain qu’ils peuvent en faire, tant sur le plan financier qu’humain. Ne pas céder à cette vision irresponsable sera sans doute l’une des priorités du pape Léon XIV dont on pense qu’il pourrait consacrer sa première encyclique à ce sujet.

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    15 septembre 2025

    La France, terrain de chasse de la criminalité verte

    17 min
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    Marc LOMAZZI, journaliste, ancien rédacteur en chef adjoint du Parisien., spécialiste des questions d’environnement. Auteur de Le livre noir de la criminalité verte (Calmann Lévy)

    On connaissait le narcotrafic, moins l’écotrafic. De toutes les formes de criminalité, il en est une dont on parle peu, alors qu’on pourrait s’attendre que le discours politique s’en fît l’écho d’une manière aussi bruyante que résolue. Il s’agit de la criminalité verte. Jusqu’à présent, le discours écologique s’efforce de sensibiliser le citoyen, de le rendre vertueux, pour qu’il trie ses déchets et ne jette pas ses gravats n’importe où. Mais il s’intéresse peu à une réalité qui prend de plus en plus d’ampleur, à mesure que la mondialisation permet aux flux de circuler librement : c’est le brigandage de l’environnement, le pillage des forêts, des espèces protégées, l’arnaque aux dispositifs de rénovation énergétique ou le trafic de déchets. Sur tous points, la France est un terrain de chasse de premier choix. Pourtant, les autorités agissent, autant qu’elles le peuvent, dans l’attente de la création d’un parquet national et d’une structure policière centralisée et dédiée. 

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    12 septembre 2025

    Quand un banquier pratique le dénuement volontaire

    17 min
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    Hugues LE BRET, ancien membre du comité exécutif de la Société Générale, ancien président de Boursorama, cofondateur du compte Nickel. Auteur de Le chemin de soi, une traversée des Pyrénées par le GR10 (Les Arènes)

    Sortons de la politique et de ses impasses pour s’ouvrir un chemin, le chemin de soi, sur lequel a marché Hugues Le Bret, chef d’entreprise et randonneur, à l’aune d’une traversée des Pyrénées par le GR 10 qu’il a accomplie en 2023, en Saint-Jean-de-Luz et Banyuls. Les vertus de la marche sont connues et on sait que la randonnée est pratiquée par 27 millions de Français. Hugues Le Bret l’envisage sous l’angle d’un ermitage, afin que la solitude fasse éclore le bouquet de toutes les senteurs de la vie, loin de toutes les pollutions, atmosphériques ou médiatiques. L’ancien cadre de la Société Générale, très marqué par l’affaire Kerviel, s’exprime aussi sur l’état de la France, société fracturée et hystérique si l’on écoute les media, société unifiée et pacifiée si l’on se met à marcher sur le chemin.

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    11 septembre 2025

    Pourquoi l'intelligence ne protège pas de l'erreur

    17 min
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    Samuel FITOUSSI, 28 ans, diplômé d'HEC, essayiste, entrepreneur, chroniqueur au Figaro. Auteur de Pourquoi les intellectuels se trompent (éditions de l’Observatoire)

    Samuel Fitoussi a 28 ans et travaille dans un fonds d’investissement. Rien ne le prédestinait à s’intéresser à la formation des idées. Sauf qu’il est passionné par la psychologie des croyances et c’est sous cet angle qu’il faut apprécier sa réflexion, non comme un pamphlet contre les intellectuels de gauche. Ce qui lui importe, ce sont les bulles cognitives et l’influence qu’exercent ceux qui font métier de penser et disposent de relais très puissants pour les faire infuser dans les esprits. Sa thèse va à rebours de l'idée souvent énoncée selon laquelle le peuple se tromperait, serait perméable à la désinformation, se livrerait à l’intoxication des cerveaux. En fait, le peuple n’est pas assez instruit pour se tromper. Pour Samuel Fitoussi, l’intelligence ne protège pas de l’erreur quand le réel n’en sanctionne pas les postulats. De ce point de vue, les intellectuels traînent un passif très lourd quand leur aveuglement volontaire s'est fondé sur le principe que la fin justifie les moyens. Ainsi ont-ils rempli charniers et goulags. Le plus injuste, c’est que ces intellectuels ne subissent pas le coût social de leurs erreurs.

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    10 septembre 2025

    Est-il moralement fondé de « tout bloquer » ?

    16 min
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    Philippe CHALMIN, historien, économiste, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine. Auteur de Journal de la dissolution - juin-septembre 2024 (Economica)

    L’arrivée d’un nouveau Premier ministre ajoute une séquence à cette période d’instabilité chronique dans laquelle est plongée la vie politique française depuis la dissolution du 9 juin 2024. Le mouvement Bloquons tout exprime la colère des Français devant tant de gâchis, de temps, d’énergie, d’argent. La France, malgré le taux de prélèvements le plus élevé du monde, n’échappe pas au déclassement, lequel sera peut-être illustré par la note que l’agence de notation Fitch rendra vendredi. Philippe Chalmin, qui a écrit les carnets de la dissolution de juin à septembre 2024, constate qu’un an plus tard, l’exécutif n’est pas plus avancé. Néanmoins, il estime que la perspective d’une dissolution paraît peu probable, laissant une chance à Sébastien Lecornu. Dans ce contexte, est-il moralement fondé de « tout bloquer » ? Philippe Chalmin répond en faisant référence à saint Thomas d’Aquin : il faut que l’objet soit juste, l’intention droite et la réaction mesurée.

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    9 septembre 2025

    Après la chute de François Bayrou, le compromis, c'est possible

    17 min
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    Dominique POTIER, agriculteur, député PS de Meurthe-et-Moselle, président d’Esprit civique

    Une page de la Ve République vient de se refermer, une autre va bientôt s’ouvrir - qui risque de lui ressembler : de la dissolution surprise en juin 2024 à la chute du gouvernement Bayrou sur un vote de confiance, la France a vécu, ces 14 derniers mois, une série de moments politiques inédits : une dissolution ratée, la première depuis 1997, la campagne électorale la plus courte (3 semaines), un nombre record de députés RN, le plus long interrègne (51 jours), le Premier ministre le plus âgé Michel Barnier (73 ans), le plus court passage à Matignon (3 mois à peine), quatre gouvernement en l'espace de 12 mois, le budget le plus tardivement adopté (en février dernier), pour finir par la première chute d’un Premier ministre sur un vote de confiance. La politique française est comme frappée par un dérèglement de ses mœurs, un emballement de ses usages et, au bout du compte, une forme d’impéritie. Dominique Potier, l’un des deux députés de gauche du grand quart nord-est de la France (avec François Ruffin), est persuadé qu’un compromis est possible, pour peu que trois chantiers soient mis en œuvre, ce dont il s’explique dans cet entretien.

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    5 septembre 2025

    Comment Carlo Acutis est-il devenu saint ?

    17 min
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    Antonia SALZANO ACUTIS, mère de Carlo Acutis. Auteur de Le secret de mon fils - comment il est devenu saint (Artège)

    « Moins de moi pour laisser de la place à Dieu. » Cette phrase, que Carlo Acutis répétait volontiers, résume le secret d’un adolescent mort à 15 ans, béatifié en 2020, et aujourd’hui modèle de sainteté pour de nombreux jeunes. Dans Le secret de mon fils, sa mère, Antonia Salzano Acutis, livre un témoignage sur celui qu’elle décrit comme un « phare dans la nuit ». Sa parole cherche à comprendre et à partager le mystère de son fils : comment un garçon ordinaire, passionné d’informatique et de jeux vidéo, a pu marquer son entourage par une foi lumineuse et une charité sans faille ? « Carlo m’a catéchisée », reconnaît-elle, avouant que c’est son fils qui l’a ramenée sur le chemin d’une vie spirituelle profonde. Carlo a une prescience du destin : par exemple, il dit à sa mère qu’Antonio, son grand-père maternel mort quand il avait trois ans, est au purgatoire. Dès son enfance, le jeune homme manifeste une sensibilité religieuse inhabituelle. Attiré par l’Eucharistie, il assiste chaque jour à la messe et passe de longues heures en adoration. Sa foi n’est pas tournée vers lui-même mais vers les autres : les pauvres, les marginaux, les camarades isolés. Sa mère souligne ce charisme discret : un simple bonjour, dit-elle, « était comme une flèche d’or qui pénétrait le cœur des gens ». Antonia décrit aussi la maturité étonnante de son fils, sa capacité à unir modernité et spiritualité. Passionné de technologies, il met son talent au service de l’évangélisation, créant une exposition numérique sur les miracles eucharistiques qui a depuis fait le tour du monde. Dans son quotidien, pourtant, Carlo reste un adolescent simple, humble et joyeux, attentif aux autres. En retraçant ce parcours, la mère de Carlo insiste sur le cœur de son message : viser l’infini plutôt que le fini, mettre Jésus au centre. « L’éternité, pas l’instant », répétait son fils. Pour elle, ce témoignage est une manière de dévoiler les « trésors » de Carlo, et d’inviter chacun à vivre la sainteté dans la vie ordinaire et à être soi-même : « Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies. » Par cette formule, Carlo dit que chacun reçoit de Dieu une identité unique et une mission singulière, mais que beaucoup, en se laissant happer par la banalité, la mode ou le conformisme, perdent leur singularité profonde.

  • Laurent Landete © RCF
    4 juillet 2025

    Que peut-on retenir des débuts de pontificat de Léon XIV ?

    17 min
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    Le 8 mai, le pape Léon XIV, tout juste élu, apparaissait à la loggia de la basilique Saint-Pierre. A 69 ans, Robert-Francis Prevost devenait le 267e visage de l’Église. Cette élection fut l’un des grands moments médiatiques de ce printemps 2025 - qui offrit un répit et une respiration dans l’actualité étouffante et sanglante qui rythme le quotidien de nos écrans. Presque deux mois plus tard, experts du Vatican et autres exégètes de la pensée papale continuent de sonder les débuts de ce pontificat jugé « sobre » et « tout en retenue ». Une certaine attente perdure. Est-ce possible d’esquisser les chemins ouverts par les premières paroles de ce pape au profil et au parcours très complet, à la fois du nord et du sud, à la fois intello et mécano ? Le p n’est pas seulement l’initiale de pape mais de deux autres mots clés, la paix et les ponts. Laurent Landete médite sur quatre discours du pontife américain, les relie aux héritages de ses prédécesseurs, jusqu’à Paul VI. Il fait aussi le vœu qu’une encyclique sur l’intelligence artificielle soit l’un des actes de fort des débuts de ce pontificat.

  • Marc Crépon © RCF Notre Dame
    3 juillet 2025

    Le nationalisme de retour en Europe, avec Marc Crépon

    17 min
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    Sur l'étagère des idées maudites, le nationalisme occupe une place de choix. On pensait que les outrages qu’il avait infligés à l’histoire et à l’humanité seraient à jamais recouverts d’une pellicule de poussière, toujours plus épaisse. Pourtant, le nationalisme, selon Marc Crépon, en reprend aujourd’hui le spectre, dans la lignée des réflexions de Julien Benda ou de Romain Rolland. Il pose une question éminemment actuelle : les valeurs de l’Europe portent-elles encore une espérance suffisante ?

  • Guy Baret, auteur de Thérèse de A à Z © RCF
    2 juillet 2025

    Tout ce que vous avez voulu savoir sur Sainte-Thérèse, canonisée il y a cent ans

    17 min
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    D’ajaccio pour Alençon : les 12 et 13 juillet, le cardinal François-Xavier Bustillo présidera le jubilé de la canonisation de Zélie et Louis Martin, les parents de sainte-Thérèse de Lisieux. C’était il y a dix ans. On sait à peu près tout de la vie de Thérèse Martin, morte à 24 ans de la tuberculose, entrée au carmel après son 15e anniversaire et reconnue sainte en 1925. Ce centenaire ravive un souvenir qui ne s’est jamais éteint. Bien au contraire. Cette figure féminine de sainteté a reçu tous les honneurs que l’Église pouvait offrir, et son autobiographie Histoire d’une âme est un best-seller mondial. Difficile de rivaliser avec cette jeune fille désarmante de pureté et de simplicité. Heureusement que de tels modèles existent - qui permettent aux chrétiens de garder confiance dans des temps troublés. Guy Baret connaît bien sainte Thérèse. Diplômé en théologie et en philosophie, l’ancien journaliste du Figaro vient du monde protestant. Il livre un abécédaire éloignée de l’hagiographie pieuse et de la biographie historique. C’est une plongée dans les écrits de sainte Thérèse - dont nul ne peut ressortir indemne.

  • Richard Collasse a vécu 50 ans au Japon ©RCF/Thierry Lyonnet
    1 juillet 2025

    Exposition universelle à Osaka : découvrons le Japon mystique

    16 min
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    En visite au Japon à l’Exposition universelle d’Osaka, à l'occasion de la journée nationale du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin a rappelé l’invitation lancée par le pape Léon XIV le jour de son élection : œuvrer à une paix désarmée et construire des ponts. L’événement a ouvert ses portes mi-avril et durera jusqu'au 13 octobre. Familier du pays du Soleil-Levant, où il a vécu une grande partie de sa vie, Richard Collasse, ancien président de Chanel au Japon, est l’un des conseillers du pavillon français. L’Exposition universelle est l’occasion d’explorer une particularité : les traditions japonaises sont à bien des égards éloignées des nôtres, bien que nous participions au même système économique et que les niveaux de vie soient comparables. Dans Errances dans le Japon mystique (DDB), Richard Collasse nous fait découvrir les sources sacrées, peu connues du grand public, qui constituent l'identité du Japon.

  • Xavier-Laurent Salvador © RCF
    30 juin 2025

    Comment le Moyen Âge lisait-il la Bible ? Avec Xavier-Laurent Salvador

    17 min
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    La Bible est toujours le livre le plus acheté au monde. Un succès en librairie alors même que le texte existe depuis plusieurs siècles et évoue peu, au fil des nouvelles traductions. Pour autant la Bible n'a pas fini de livrer ses secrets. Puisqu'ils mobilisent quantité de références souvent mal connues, les deux testaments méritent même un travail de décryptage. C'est le travail de Xavier-Laurent Salvador. Il est au micro de RCF Notre-Dame.

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