
A vrai dire... RCF - page 5
présentée par Alain Charlier, Béatrice Ducellier, Thierry Grenet, P. Vincent de Labarthe, Anne-Cécile Suzanne, Marc Tesniere, Lecointre Vianney
Edito du jour : toute l'actualité est sujette à réflexion, nos éditorialistes partagent la leur
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18 février 2026... La chance qu'on a ! par Thierry Grenet
En discutant avec un jeune étranger migrant Thierry Grenet reprend conscience de la chance que nous avons d'avoir un tel système de santé.Droits image: Thierry Grenet
17 février 2026Le Carême, sortir d'une foi confortable, par Marie-Thérèse Pernod
Le Carême révèle une vérité inconfortable : on peut écouter Dieu sans jamais vraiment changer.
À travers la figure d’Hérode et l’appel à la conversion intérieure, ce temps nous invite à passer de l’intention à l’action.Droits image: Marie-Thérèse
13 février 2026Une loi « Fin de vie » de désespérance, par Vianney lecointre
Dès le 16 février, c’est-à-dire lundi prochain, les députés vont réexaminer le projet de loi sur l’aide à mourir qu’ont pourtant rejeté les sénateurs fin janvier.
Alors que par ailleurs, la loi sur le grand âge, qui nous est promise depuis le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, est encore repoussée, pour cause de proximité avec les élections municipales, entend-on, et qu’il a été décidé que la loi pour encourager les soins palliatifs attendrait aussi. On a les urgences que l’on se choisit.
Or, on le sait, la France vieillit. Les plus de 75 ans représentent désormais une personne sur dix et potentiellement 16 % de la population d’ici 2060. C’est une bonne nouvelle en soi, mais cela implique de se préparer à vivre de manière renouvelée la fraternité que nous devons à tous nos concitoyens.
Les soins palliatifs ne sont pas le tout du grand âge évidemment, mais ils permettent d’allier l’expertise dans le soulagement de la douleur, de la souffrance psychologique, sociale et spirituelle et le soutien et l’accompagnement du patient et de son entourage.
Quel message envoie-t-on à la société quand on vise avant tout à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, en plus en invoquant la dignité, comme si celle-ci consistait à ce que les personnes concernées acceptent de partir le plus vite possible ?
Les députés de la commission des affaires sociales, qui ont mis au point le projet de loi qui sera soumis à l’Assemblée, ont jugé bon de s’applaudir mutuellement à la fin de leurs travaux. Ce que des personnes susceptibles d’être bientôt considérées comme « éligibles » à l’aide à mourir, compte tenu de leur handicap ou de leur état de santé, ont pu juger particulièrement violent.
Qu’ont-ils applaudi ? Un texte qui ouvre le droit à l’aide à mourir à toutes personnes présentant des souffrances psychologiques. Un texte qui exclut toute clause de conscience pour les pharmaciens, les aide-soignants et pour les établissements qui refuseraient de pratiquer l’euthanasie. Un texte qui introduit un délit d’entrave à l’aide à mourir, mais qui a par ailleurs rejeté l’interdiction d’inciter une personne à demander à mourir. Un texte qui loin d’être équilibré est pour le moins désespérant, donc, en tant que tel, par les valeurs dévoyées qu’il porte, et aussi par le message potentiellement adressé aux familles épuisées dans les hôpitaux saturés, aux plus âgés qui craignent de peser, aux malades qui s’excusent déjà d’exister. Ce message, c’est : « rien ne vous retient ».
Non décidément, il n’y a pas là de quoi restaurer la confiance à l’égard des élus et ce n’est pas une manière digne de faire vivre notre chère devise nationale : Liberté, égalité, fraternité.Droits image: Vianney Lecointre
12 février 2026Paix et miséricorde, par Alain Charlier
Chers auditeurs,
Chaque jour, l’actualité nous expose à une litanie de violences : conflits entre les peuples, attentats, violences faites aux femmes, agressions entre jeunes, insultes ou coups portés à des enseignants. Et presque toujours, dans le sillage de ces drames, une même clameur monte : il faut punir. Plus fort. Plus sévèrement. Plus vite.
Cette réaction est humaine. Quand on a été blessé, humilié, détruit, quelque chose en nous réclame réparation. Mais souvent, cette réparation prend la forme d’une exigence : que l’autre souffre à son
tour. Comme si une loi invisible gouvernait nos cœurs : puisque j’ai payé, il faut qu’un autre paie aussi. Comme si la souffrance pouvait se transmettre, se compenser, s’équilibrer.
Pourtant, soyons honnêtes : quand la punition tombe, la douleur disparaît-elle vraiment ?
La colère s’apaise-t-elle durablement ?
Bien souvent non. Elle change simplement de visage. Elle se déplace. Elle se multiplie. Elle s’enracine.
Cette logique — œil pour œil, peine pour peine — ne fait qu’alimenter la spirale de la violence. Elle fracture davantage les relations, les sociétés, les peuples. Elle enferme chacun dans son rôle : victime d’un côté, coupable de l’autre, sans horizon de transformation.
C’est là que le message chrétien vient bousculer nos réflexes les plus profonds.
Le Christ ne nie pas la souffrance. Il ne la minimise pas. Il la prend.
Il ne dit pas que le mal n’existe pas. Mais il refuse absolument de le reproduire. Il n’appelle pas à rendre le mal pour le mal, ni à faire souffrir pour soulager. Il va jusqu’à porter la souffrance sans la
renvoyer.
Non pas par faiblesse. Mais pour ouvrir une autre voie.
Pardonner ne signifie pas excuser.
Aimer ne signifie pas oublier.
Refuser la vengeance ne signifie pas renoncer à la justice.
Cela signifie croire — parfois contre toute évidence — que la guérison ne naît pas de la souffrance infligée, mais de la souffrance traversée et transformée ; que la paix ne surgit pas quand quelqu’un
paie à ma place, mais quand l’amour ose interrompre la chaîne de la haine.
Dans un monde qui crie vengeance, le chrétien est appelé à être un signe fragile mais tenace : celui d’une espérance plus forte que la violence.Droits image: Alain Charlier
11 février 2026Les journées de Lourdes, par le Père Vincent de Labarthe
Du 9 au 11 février les aumôniers diocésains des hospitalités se rassemblent à Lourdes pour se rencontrer et préparer ensemble les prochains pèlerinages dans la cité mariale. Le Père Vincent de Labarthe, aumônier dans le diocèse de Rouen nous en parle.Droits image: Vincent Labarthe
10 février 2026Pour les municipales, n'oublions pas la fraternité, par Gérard Coulon
A l'heure des choix électoraux, Gérard Coulon nous invite à faire preuve de discernement en privilégiant tout ce qui crée du lien.Droits image: Gérard Coulon
4 février 2026Ils apprennent quoi à l'école ? Par Thierry Grenet
Entre la maison et l'école, où se situent les enjeux de l'éducation ? Thierry Grenet tente de remettre le clocher au milieu du village...Droits image: Thierry Grenet
30 janvier 2026Savoir accueillir les enfants, par Vianney Lecointre
« Il y a des jours où l’absence d’ogre se fait cruellement sentir. » Je trouve très amusant cet aphorisme d’Alphonse Allais grâce auquel il semble se plaindre, avec ironie, des enfants turbulents et de notre incapacité à les gérer.
Comme quoi cela ne date pas d’hier ! Alphonse Allais aurait certainement été client des nouvelles classes « sans enfants » que propose désormais la SNCF, ce que je trouve assez lamentable pour un service public qui prône certainement par ailleurs l’inclusivité et le « vivre ensemble », car on aime se payer de mots dans ce genre d’institution…
Cela n’a échappé à personne puisque cela a fait les gros titres de l’actualité en ce début d’année : en 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès en France (651 000) a dépassé celui des naissances : seulement 645 000 contre encore plus de 800 000 jusqu’en 2015. Le taux conjoncturel de fécondité en France métropolitaine s’est établi à 1,53 enfants par femme, le plus faible de toute notre histoire, excepté un court moment pendant la Première Guerre mondiale, très loin du taux nécessaire au renouvellement des générations.
La tendance « no kids », qu’illustre si bien l’offre de la SNCF, gagne du terrain. Et pourtant, le nombre d’enfants souhaité par les personnes en âge de procréer, même s’il est lui-même en diminution, reste bien supérieur à celui de la réalisation puisqu’il se situe encore autour de 2,3 enfants en moyenne.
Ma femme et moi avons eu la chance d’avoir nos enfants au cours des décennies 1990 et 2000, un temps où la société française restait très accueillante à l’enfant, plus sans doute que dans d’autres pays d’Europe, et cela contribuait à notre dynamisme. Malheureusement, les temps ont changé. Les atermoiements de la politique familiale ont brisé la confiance des familles dans le soutien que l’Etat pourrait leur apporter dans la durée. La forte augmentation du coût des logements rend l’accueil des enfants plus difficile. Mais la problématique n’est pas seulement économique, elle est aussi éthique. Nos sociétés, qui votent la possible congélation des ovocytes, ne respectent pas les rythmes biologiques. Et les « normes procréatives » sont de plus en plus exigeantes : c’est tout juste si des jeunes parents ne sont pas jugés comme irresponsables si toutes les conditions, ou l’idée qu’on s’en fait, ne sont pas réunies pour « réussir son enfant »… Sans parler des inquiétudes vis-à-vis de l’avenir !
Toute l’action politique devrait viser à rendre notre monde plus désirable et plus accueillant à la vie et à rendre confiance aux jeunes qui veulent créer une famille. Je ne crois pas que ce soit actuellement le cas.Droits image: Vianney Lecointre
22 janvier 2026Des personnes handicapées contre l'euthanasie, par Mahaut Herrmann
Alors que le droit sur l'aide à mourir est examiné au Sénat, Mahaut Herrmann nous présente le combat des antivalidistes contre la légalisation de l'euthanasie.Droits image: ©RCF Manche
20 janvier 2026Comment ne pas voler la souffrance de l'autre, par Marie-Thérèse Pernod
À partir d’une rencontre avec le bouddhisme zen et d’un retour à l’Évangile, cet édito interroge notre réflexe de vouloir consoler trop vite face à la souffrance.Droits image: Marie-Thérèse
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