
A vrai dire... RCF - page 4
présentée par Alain Charlier, Béatrice Ducellier, Thierry Grenet, P. Vincent de Labarthe, Anne-Cécile Suzanne, Marc Tesniere, Lecointre Vianney
Edito du jour : toute l'actualité est sujette à réflexion, nos éditorialistes partagent la leur
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19 mars 2026Le souci écologique, un principe de réalité sur le littoral manchois, par Mahaut Herrmann
Entre les deux tours des municipales, Mahaut Herrmann nous propose une réflexion sur la place des enjeux écologiques dans les programmes des candidats. Le souci écologique est-il une lubie de « bobos déconnectés » ou un principe de réalité sur les côtes de la Manche ?
Droits image: ©RCF Manche
18 mars 2026Tu vas voter pour qui ? Par Thierry Grenet
Dimanche 22 mars, nous serons nombreux à aller voter au 2e tour des Municipales. Thierrey Grenet vous poste une question assez directe : vous allez voter pour qui ?Droits image: Thierry Grenet
13 mars 2026Dimanche démocratique, par Vianney Lecointre
Ce dimanche, il y a élections. Dans les quelques 34 944 communes de France, 891 845 candidats sollicitent nos suffrages au sein de 50 105 listes. Cela ne fait jamais que 1,43 liste en moyenne par commune et, par exemple, dans mon département de l’Orne, d’après Ouest-France, 81 % des communes ont une liste unique.
Au moins, il semble que, dans l’Orne, il n’y ait pas une seule commune sans candidat.
Quoi qu’il en soit, même s’il n’y a pas de suspens, et même si on ne peut plus faire de panachage comme avant, ce n’est pas une raison pour ne pas voter. Il s’agit de donner du poids et de la légitimité à ceux qui ont accepté de s’engager pour se mettre au service de leur commune et de leurs concitoyens, pour défendre le bien commun. La démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ! Ce n’est pas le moindre reproche que l’on puisse faire aux mandats présidentiels qui viennent de s’écouler que d’avoir négligé les corps intermédiaires, tels que les syndicats par exemple, et d’avoir déresponsabilisé les collectivités locales et restreint leur autonomie, notamment fiscale, avec la suppression de la taxe d’habitation. Alors, luttons contre cela en participant au vote ! D’ailleurs, malgré ces restrictions, bien des élus dans les communes arrivent à prendre des initiatives, à favoriser les liens sociaux, à développer les activités, à mettre en valeur leur environnement naturel et patrimonial. Pierre Joxe, qui fut deux fois ministre de l’Intérieur de François Mitterrand, raconte qu’il a cherché à promouvoir une réforme des structures communales, mais que l’idée ne plaisait pas du tout au Président : « Il y a 36 000 communes ? C'est très utile. Cela fait 500 000 conseillers municipaux, sans compter, ne l'oubliez pas, les 500 000 autres qui auraient voulu l'être. Soit un million de citoyens qui s'intéressent aux affaires locales. Et vous voulez réduire cela à un quarteron de professionnels ? Hors de question. » disait Mitterrand.
De fait, la commune ou les communautés de communes restent le cadre privilégié pour expérimenter de nouvelles gouvernances et l’action concrète s’appuie beaucoup sur la bonne volonté des élus, au moins autant que sur les fonctionnaires territoriaux. Ceux pour qui nous allons voter sont des vrais gens, et non des espèces de « produits marketing » proposés aux électeurs comme ont pu l’être un Emmanuel Macron et demain peut-être un Jordan Bardella. Je regrette d’ailleurs pour ma part qu’on ne puisse plus être député et maire, car nous aurions besoin de législateurs qui soient aussi des hommes de terrain et pas des gens hors-sol. Alors, surtout, dimanche, votons car c’est vraiment l’occasion de faire vivre notre démocratie.Droits image: Vianney Lecointre
12 mars 2026Inflation des mots, par Alain Charlier
Chers auditeurs,
Naguère, les mots servaient à décrire le réel. Aujourd’hui, ils servent ici et là, à le surjouer. Dans le discours politique, médiatique, sportif, mais aussi dans nos conversations, une forme de surenchère lexicale s’est installée. Tout devient exceptionnel, scandaleux, historique… même lorsque les faits, eux, sont parfaitement ordinaires.
Un sportif réalise une très belle performance ? Il est désormais « stratosphérique ».
Un ministre utilise un outil constitutionnel ? L’événement devient un « passage en force », un « déni de démocratie ».
Un collègue, même un ami parle de ses craintes ? On lui demande s’il n’est pas « paranoïaque ».
Cette inflation verbale a des conséquences : elle modifie notre perception des faits, elle s’infiltre dans nos modes de raisonnement.
Quand tout est extraordinaire, plus rien ne l’est plus vraiment. L’exception devient la norme, et la norme devient suspecte. Ce glissement a un effet majeur : il brouille notre capacité à hiérarchiser, à
relativiser, à garder une lecture nuancée de la réalité.
Ce phénomène dépasse largement les sphères politiques ou médiatiques. Il s’invite dans les entreprises et dans les foyers. Là où un désaccord était autrefois un désaccord, il devient un conflit
insupportable. Là où une remarque était un feedback, elle est vécue comme une attaque. Et là où un manager rappelle plusieurs fois un collaborateur à la tâche ou à l’ordre, la situation est qualifiée de
harcèlement.
Il ne s’agit pas de nier le harcèlement. Il existe et doit être reconnu, traité et sanctionné. Mais lorsque le mot est utilisé à tort et à travers, il perd de sa force, et surtout, il désarme le dialogue.
Tout devient binaire : victime ou coupable, oppresseur ou opprimé. Il n’y a plus de place pour l’analyse des faits, du contexte, des intentions.
Cette radicalisation du langage entraîne une radicalisation des postures. Si chaque situation est vécue comme extrême, la réaction le sera aussi. Les émotions prennent le pas sur la réflexion, l’indignation sur la compréhension, l’affect sur le discernement. Pouvons-nous encore dire quelque chose sans être accusé ?
Alors de grâce, réhabilitons la justesse des mots. Pas de minimisation mais pas d’exagération. Un malaise n’est pas une violence. L’exigence n’est pas pression abusive. Un désaccord n’est pas un conflit ouvert. Et le monde sera meilleur.Droits image: Alain Charlier
9 mars 2026Que la paix vienne en Iran, au Liban et en Israël... mais aussi chez nous ! par Marc Tésnière
Amis de RCF, quand la guerre s’intensifie au Moyen Orient, permettez-moi une pensée particulière pour le peuple iranien. On retient son souffle, en espérant qu’il parviendra à se libérer de l’oppression, à renouer avec les racines de sa belle civilisation et à retrouver la paix. Je pense qu’Israël partage ce désir, se souvenant que c’est la Perse qui lui avait permis de revenir de son exil à Babylone.
On espère profondément que la pacification de l’Iran sera un préalable pour retrouver aussi la paix au Liban, au Yémen et même dans la Bande de Gaza. Une telle paix n’aurait-elle pas été plus facile si certains pays n’avaient pas introduit dans leur doctrine le projet monstrueux de « rayer Israël de la carte » ?
Cela dit, le Pape Léon XIV appelle avec insistance à ne pas mettre sa
confiance dans les armes si l’on veut aboutir à une paix profonde. Notre devise ne doit-elle pas rester celle des Béatitudes : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » ? Ne renonçons pas au dialogue constructif.
A propos de paix, ce n’est pas seulement chez les autres qu’il faut la
chercher ; c’est aussi chez nous qu’il faut la construire. Comment ne pas être choqués par certains discours violents ? Nous avons tous droit à la paix... et qu’on nous épargne certaines impostures comme récemment d’oser parler d’auto-défense quand on assassine un innocent tel que Quentin ! La liberté de contester les idées des autres n’a aucun droit de violer la liberté de pensée et d’expression, fondamentale dans notre République.
Je suis inquiet quand on abuse de la diabolisation pour se dispenser
d’argumentation ou quand on accuse systématiquement l’adversaire d’extrémiste, et je suis même en colère quand j’entends hurler contre l’extrême droite à chaque fois que l’extrême gauche montre sa violence.
Ce que nous devons rechercher, c’est le beau, le vrai et le bien commun, dans le respect de l’adversaire. Quant aux idées, je crois qu’elles doivent se « disputer » en s’inspirant des valeurs olympiques. Que la meilleure gagne par des arguments justes. Voilà l’art de la paix, l’art de la « disputatio » chrétienne !
En cette période électorale qui n’a pas besoin de tensions supplémentaires, permettez-moi donc d’espérer que le débat soit honnête et respectueux de la liberté de pensée et d’expression de chacun. A bientôt !Droits image: © RCF Normandie
3 mars 2026Habiter le Carême : la puissance cachée de la répétition
Et si le Carême n’était pas un défi à réussir, mais un temps à habiter ?
À travers la pensée de Byung-Chul Han, je vous emmène découvrir la force spirituelle de la répétition et du rituel pour ses 40 jours.Droits image: Marie-Thérèse
27 février 2026La résistance du peuple ukrainien, par Vianney Lecointre
Cette semaine a marqué le quatrième anniversaire de l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine. Cette guerre a désormais duré presque autant que la Grande Guerre de 14-18.
Elle a déjà fait, selon certaines estimations, près de deux millions de victimes, tuées, blessées ou portées disparues. Les pertes sont très lourdes côté russe avec peut-être 300 000 soldats tués. L’Ukraine, dont les villes sont soumises aux bombardements ennemis, compte de nombreuses victimes civiles. Car Poutine essaie d’obtenir l’effondrement moral de la population ukrainienne pour parvenir à ses fins. Mais c’est l’inverse qui se produit. Les Ukrainiens savent en effet que s’ils cèdent des territoires, ceux-ci seront livrés à la barbarie. Face aux exactions et autres crimes de guerre russes, ils n’ont d’autre choix que de résister, comme le montre dans La Croix l’Hebdo du week-end passé un long reportage sur les 1 300 kilomètres de front.
C'est le cœur serré que je vois assez souvent circuler sur les réseaux sociaux, ou ailleurs, des discours hostiles aux Ukrainiens, ou en tout cas à leurs dirigeants, à cause de leurs insuffisances supposées et parfois réelles, discours allant même dans certains cas jusqu’à justifier l'agression russe. On observe aussi dans l’opinion publique une forme de lassitude vis-à-vis de cette guerre perçue comme lointaine. C’est notamment le cas en France qui ne s’est pas illustrée par son soutien à l’Ukraine : ainsi avons-nous accueilli sur notre sol 20 fois moins de réfugiés ukrainiens que l’Allemagne, notre ratio à cet égard étant le plus faible de toute l’Union européenne.
Pourtant, l’enjeu de cette guerre est considérable, y compris pour nous. La Russie post-soviétique, qui n’est malheureusement, propagande du pouvoir aidant, jamais sortie de ses conceptions totalitaires et impérialistes, a pour objectif déclaré de remettre en cause les règles du droit international et a fait de l’Occident son adversaire désigné. Ne parlons même pas de ce conseiller de Poutine, Sergueï Karaganov, qui appelle à des frappes nucléaires sur l’Europe, mais de la guerre hybride que nous mène la Russie par le biais des cyberattaques, de la désinformation, de la déstabilisation de nos démocraties. Alors prenons conscience que le peuple Ukrainien, de par sa résistance, est notre première ligne de défense et ne manquons pas à la solidarité qu’on lui doit.Droits image: Vianney Lecointre
26 février 2026Bureaucratie, par Alain Charlier
Chers auditeurs,
Laissez-moi vous conter une histoire, dans une version brève et aménagée…
Il était une fois, une Fourmi heureuse et productive qui, tous les jours, arrivait de bonne heure à son travail.
Elle était heureuse de travailler et son rendement était excellent mais, … mais elle n'était pas contrôlée.
Le Frelon, grand patron de l' organisation, considérant que la situation ne pouvait perdurer, créa un poste de manager pour lequel il recruta une Coccinelle expérimentée.
Aussitôt, la Coccinelle s’empressa d'organiser les horaires d'entrée et de sortie de la Fourmi, ainsi qu’un système de comptes rendus et de fiches navettes. Très vite, il fallut engager une secrétaire
pour l'aider à préparer les dossiers et le reporting. Elle recruta une Araignée qui créa un système de classement et fut chargée de répondre au téléphone. Pendant ce temps-là, la Fourmi heureuse et productive continuait de travailler, travailler, travailler.
Le Frelon était ravi de recevoir les rapports de la Coccinelle, et demanda des études comparatives avec graphiques, indicateurs et analyse de tendance. Pour assister la Coccinelle, on embaucha un Cafard qu’on équipa d’un ordinateur avec imprimante.
La Fourmi heureuse et productive commença à se plaindre de toute la paperasserie qui lui est dorénavant imposée et grevait sa productivité. Le Frelon considéra qu'létait temps de prendre des mesures. Il créa donc le poste de chef de service pour superviser la Coccinelle.
Le poste fut pourvu par une Cigale qui équipa son bureau d’un mobilier conséquent dont un fauteuil ergonomique et un ordinateur avec écran plat. Bien sûr, il fallut installer un serveur réseau. La Cigale eut vite besoin de recruter un adjoint pour préparer un plan stratégique de pilotage ainsi que le budget de son nouveau service. Pendant ce temps-là, la Fourmi était de moins en moins heureuse et de moins en moins productive. La Cigale eût alors l’idée de commander une étude sur le climat social.
Examinant les chiffres, le Frelon vit que le service de la Fourmi n'était plus aussi rentable qu'avant. Il fit appel à un prestigieux consultant, M. Hibou. Celui-ci prit trois mois et une belle somme pour diagnostiquer et rendre son rapport avec préconisations : « Il y a trop de personnel dans cette organisation ! ». Le Frelon prit des dispositions et mit la Fourmi … à temps partiel !Droits image: Alain Charlier
23 février 2026Le chiffre du temps à vivre, par Marc tesnière
Amis de RCF, bonjour ! Nous venons de rentrer dans nos 40 jours de carême et j’aimerais saluer ici le sens de ces 40 jours. « 40 » c’est un temps symbolique d’attente, d’épreuve et de préparation. « 40 », c’est un défi à relever, une étape à franchir, à traverser ou à dépasser.
C’est un temps « provisoire » car ce temps doit déboucher sur une vie
nouvelle. On peut rapprocher ces 40 jours des 40 semaines de grossesse, cette première vie « préparatoire » dans le ventre de notre mère, pour préparer l’accouchement, une deuxième naissance pour une vie de liberté, que nous pouvons vivre comme un chemin vers une vie plus nouvelle encore.
Cette vie terrestre est symbolisée par les 40 ans d’Exode du Peuple Hébreux au désert. 40 ans pour apprendre à accueillir la « terre promise ». C’est pour nous un signe de préparation au grand passage de la mort, pour une re-naissance dans l’éternité, dans la vie en pleine lumière.
Dans notre liturgie, le nombre de 40 est toujours un appel à se recentrer sur l’essentiel, un appel à une conversion vers le véritable horizon. Ainsi, les 40 jours de Carême sont un concentré intense de notre vie, tout comme le Passage de la Passion et de la Pâque nous éclaire sur notre propre mort et notre Résurrection.
Jésus lui-même a vécu ses 40 jours au désert. Mieux encore, sa Résurrection s’est manifestée 40 heures après sa mort. Cela nous dit que la mort n’a pas le dernier mot et qu’il y a un lien entre toutes ces durées...Les 40 semaines de grossesse, les 40 jours de carême, les 40 ans au désert, tout cela évoque le même projet, le même horizon de notre pèlerinage sur la terre. Le pèlerin se met sans cesse en route. L’épreuve n’est pas destinée à nous écraser mais au contraire à nous faire progresser, si nous accueillons le Christ en compagnon de route.
Ce qui nous est proposé, c’est une sorte de « conduite accompagnée »,
comme pour le Peuple Hébreux dans le Désert. Dans notre liberté de choisir notre Maître de vie, savourons la chance de pouvoir suivre un Dieu qui nous propose d’être des enfants, libres, et non des esclaves !
C’est dans cet esprit que nous pouvons nous souhaiter un bon carême, une belle progression vers Pâques, dans la joie d’un si bel horizon ! A bientôt !Droits image: Marc Tesnière
19 février 2026Un Carême pour la Création, par Mahaut Herrmann
Nous sommes entrés en Carême hier, en entendant un appel à la conversion et en recevant les cendres sur notre front, et nous nous demandons peut-être en nous-mêmes : quelle conversion puis-je vivre pendant ce Carême ? Le pape François nous invitait à revisiter trois relations : notre relation à Dieu, notre relation à autrui, notre relation à la terre. Pendant ce Carême, pourquoi ne pas revisiter notre relation à la Création ? Pour le faire, nous pouvons suivre le parcours de Carême du Mouvement Laudato Si' https://laudatosimovement.org/fr/careme/
ou les propositions de Carême du label Église verte, soutenu par les Églises chrétiennes de France https://www.egliseverte.org/actualites/propositions-careme-2026/Droits image: Mahaut Herrmann
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