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Actuellement à l'antenne : Pour qui sonne le jazz

 Pour qui sonne le jazz Présenté par Alain Quesner
jusqu'à 0h25
Nougaro, le croqueur de jazz
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Halte spirituelle, l'intégrale

Présentée par Véronique Alzieu, Béatrice Soltner

55 min
Tous les vendredis à 23h00
Rediffusion le dimanche suivant à 04h00, 09h00 et 21h00

Nous sommes sauvés !

Emission du samedi 06 octobre 2012

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Invités de l’émission

  • Mireille Hugonnard
    religieuse de Saint-Joseph, théologienne spécialiste de la question morale, responsable de Théo en ligne, service de la Faculté de théologie de Lyon

Détails de l'émission

Après ma mort, que va-t-il rester de ce que j'ai fait ? De ce que j'ai vécu ? Point essentiel de la religion chrétienne, le salut est étroitement lié à l'idée d'accomplissement. Mireille Hugonnard, théologienne, répond à Véronique Alzieu.

 

Le verbe "sauver" : l'un des plus important des Evangiles ! Jésus ne cesse de sauver physiquement ou psychiquement. Et, en écho à foi juive, le Christ est le salut personnifié. Il incarne ce souci que Dieu a de l'homme : son déploiement. "Il a saisi notre destin au coeur du sien pour le remplir de sa lumière" (Didier Rimaud).
Au Moyen Age, l'idée de salut est très proche de la santé. Plus tard, on associe le salut à la sauvegarde ; ces deux dimensions s'interpénètrent. "Au-delà de notre mort c'est lui qui nous attend sur le rivage" (Didier Rimaud).

Le salut n'est pas qu'une histoire individuelle entre Dieu et l'homme. Dans la foi chrétienne se trouve le sentiment profond que toute l'humanité est appelée au salut, que le Christ va tout récapituler en lui. Tout est remis sous sa tête, tout est orienté vers Dieu par le Christ. La création entière est à sauver, à accomplir.

Si nous rêvons d'être indépendants les uns des autres, le chemin de l'homme c'est de devenir interdépendants. Dieu crée l'homme comme un être social et sociable : interdépendre les uns des autres c'est apprendre le respect de l'autre, auquel on doit un infini respect. Reconnaître l'humanté de l'autre permet de devenir soi-même, d'entrer dans un accomplissement de soi.

Le salut nous sort de la violence que nous exerçons sur l'autre et aussi envers soi. Il y a une responsabilité collective du péché et du mal. Dans la tradition chrétienne, nous faisons chemin ensemble, nous contribuons au salut l'un de l'autre : nous sommes orientés. Vatican II nous propose d'ailleurs cette idée de progrès de l'humanité, une manère de voir l'homme à partir de la vision de Dieu.

Etre chrétien c'est le devenir chaque jour. A la manière dont nous progressons dans notre vie humaine, au travail ou en famille, quelque chose est en progrès dans notre vie chrétienne. Le risque est de croire que nous sommes arrivés. L'accomplissement matériel ne suffit pas ! Les bonheurs humains sont fugaces, ils sont un lieu de satisfaction mais pas de plénitude...

Quel sens cela a-t-il de vivre ? De laisser une trace de notre passage ? Dans notre société multiculturelle et multireligieuse , il y a tant de possibilités, de manières de répondre à question du sens que l'on peut tomber dans un relativisme. On peut aussi se perdre dans le matériel. Mais il y a un moment dans la vie où malgré un bien-être matériel la question du sens de la vie surgit : la maladie, la souffrance ou une grande joie. L'émerveillement est ausi un lieu de sens...

Que fait le Christ pour nous sauver ? La maladie ou les catastrophes naturelles menacent sans cesse la vie humaine. Cette mortalité fait partie de la vie : ce n'est pas à cela que nous avons été arrachés. Le Christ, qui a accepté de vivre la remise en cause, l'humiliation, la soif ou la mort, nous sauve de ce qui nous enferme, de ce qui fait que nous n'écoutons pas la voix de l'autre, de Dieu, en soi, dans les Ecritures et dans tout ce qui peut la révéler.

Le salut c'est être arraché à tout ce qui fait que nous nous croyons autosuffisants. Le Christ nous invite à nous décentrer de nous mêmes, c'est-à-dire à sortir du péché qui est toujours une centration sur soi où l'on croit que tout nous est dû. Il faut consentir au manque, à l'inaccompli en soi.