Bandeau locale Bandeau locale
Logo RCF
Logo RCF

Actuellement à l'antenne : L'invité du jour

 L'invité du jour Présenté par Philippe Louat, Claire Peyrard
jusqu'à 19h18

En savoir plus

À plus d'un titre

flux rss de la diffusion S'abonner à l'émission
Présentée par Jean-Claude Duverger, Anne-Marie Vergnon

40 min
Tous les samedis à 10h03
Rediffusion le lundi suivant à 18h15

Emission du samedi 12 mai 2012

Lionel BOURG "La croisée des errances"

Détails de l'émission

La croisée des errances
Éditions La fosse aux ours
interview d’Anne-Marie VERGNON
Trois siècles après sa naissance, Rousseau nous devance toujours. Il va trop vite, trop loin. Puis, après avoir jeté des pelletées de phrases sur ce qui fut longtemps certitude, reboutonne sa veste, part, s’en va, refusant de creuser la tombe que des philosophes, assis dans leur fauteuil, promettent à l’humanité. Le reste ne nécessite guère de commentaire : « Il est très difficile, relevait Jean-Jacques dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, de réduire à l’obéissance celui qui ne cherche point à commander. »
 

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans La Gazette

« Voltaire c’est Voltaire, point ». Mais Rousseau, oui Rousseau ? Qui est Rousseau ? Un philosophe ? Un écrivain ? Un musicien inventeur d’une nouvelle manière d’écrire la musique en supprimant les portées ? Un amoureux de la nature pris de passion pour la botanique et qui herborisa dans les faubourgs parisiens, la Grande Chartreuse mais aussi le Pilat ? N’est-ce pas surtout l’heureux protégé de Mme de Warens aux Charmettes, tout comme l’amant de Mme de Lornage (Ah ! Mme de Lornage à qui, dit-il, il devra « de ne pas mourir sans avoir connu le plaisir ») ? À moins que ce ne soit un pâle donneur de leçons qui n’hésitera pas à confier ses cinq enfants - nés de 33 années de concubinage avec Marie-Thérèse Levasseur - aux Enfants-Trouvés ?

Oui qui était le divin Jean-Jacques ? « Moi, en somme», écrit Lionel Bourg à qui la Région Rhône Alpes - à l’occasion du tricentenaire de la naissance du promeneur solitaire - vient de passer commande de « La croisée des errances ». Et de rajouter modeste : « Toutes proportions gardées, faut-il  le préciser ? Le ridicule tue, quelquefois ».

Lionel Bourg, écrivain stéphanois, né un 27 Juin (Rousseau est du 28) et à Saint-Chamond, ville qui - détail qui n’est pas anodin - avait nom de Vallée Rousseau à la Révolution.

Promenades dans les pas de celui qui n’a « jamais tant pensé, tant vécu, tant été moi » que dans les voyages faits seul et à pied, balades sur les chemins de l’Émile, flâneries sur la route de la Nouvelle Héloïse, marche au canon contre « ces tas de désoeuvrés payés de la graisse du peuple », traque aux «petits intrigants dont Paris est plein, et qui tous aspirent à l’honneur d’être des fripons en place »… Lionel Bourg s’est offert un voyage initiatique dans l’ombre de ce « Rousseau grognon, plus ou moins mal embouché mais prompt à l’éloquence » qui le faisait tant rêver à l’âge de ses culottes courte mais qui avait qualifié son cher Pilat de « triste et méchante montagne. »

Car nous y voilà, Rousseau n’a pas aimé le Pilat. Non, pas du tout ! Venu herboriser avec « trois messieurs, dont un médecin, qui faisaient semblant d’aimer la botanique », il n’y trouvera qu’un temps exécrable le jour, un « lit de puces » la nuit. Arrivés trop tard pour les fleurs, trop tôt pour les graines, sa récolte sera dérisoire et madame de Portland pour laquelle il préparera un envoi ne lui en fera même pas compliment. Même son chien Sultan y sera « à demi massacré » par un bâtard de chez nous (mais à quatre pattes celui-là).

 

 

« Vous auriez dû m’attendre Jean-Jacques ! Je vous aurais montré le chemin… »